Réforme de la formation professionnelle : Quoi de neuf pour nous les jeunes ?

Réforme de la formation professionnelle : Quoi de neuf pour nous les jeunes ?
Il faut savoir que lorsqu’on termine ses études et qu’on entre sur le marché de l’emploi, ce n’est pas pour autant qu’on ne retournera plus sur les bancs d’une classe. La formation continue tout au long de la vie permet à toute personne de bénéficier d’un droit à la formation.

Les principaux dispositifs de formation

Le Plan de formation

Chaque année les entreprises recensent les besoins en formation des collaborateurs et planifie leurs organisations sur l’année. Ex : M.Dupont voudrait devenir sauveteur secouriste du travail. S’il l’a annoncé assez tôt, l’entreprise aura prévu cette formation sur son budget et organisera sa formation sur son temps de travail.

Le Congé Individuel de Formation (CIF)

Il porte bien le nom de « congé » car c’est une longue période où le collaborateur part en formation.

Le Droit Individuel à la Formation (DIF)

Chaque année les collaborateurs « gagnent » 20 heures de formation. La somme de ces heures représente le DIF et elles sont utilisables pendant ou en dehors du temps de travail en avertissant au préalable l’employeur. Qui finance la formation ? Les entreprises ! Chaque structure, selon son nombre de salariés, verse un certain pourcentage de sa masse salariale à un Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) qui dispose d’une « cagnotte » formation. Lorsque l’entreprise va réaliser des actions de formation pour ses collaborateurs, elle pourra donc être remboursée d’une partie ou de la totalité des couts investis.

Mesure phare de la réforme

DIF dispositif formation

Adieu le DIF !

Et oui, le changement principal entrainé par cette loi est la suppression du DIF. Pas de panique pour nos amis travailleurs, vos heures sont saines et sauves : elles sont transférées et désormais utilisables via le nouveau dispositif : le Compte Personnel de Formation (CPF) ! Dès qu’une personne entre sur le marché de l’emploi (dès 15 ans si en apprentissage), elle commence à cumuler des heures de formation : 24h/an jusqu’à 120h puis 12h/an jusqu’à 150h. Le CPF est accessible en allant sur ce site et en s’identifiant grâce à son numéro de sécurité sociale. Le site internet est assez instinctif, et au besoin quelques vidéos sont sur la toile pour vous guider. Une fois connecté, vous aurez accès, selon votre branche et votre situation professionnelle (salarié ou demandeur d’emploi), à une liste de formations possibles. Seront alors indiqués : le nombre d’heures de la formation, le lieu, le programme et les modalités d’inscription. Ce qu’il est important de noter : -     Pas besoin d’avertir l’employeur pour une formation effectuée hors du temps de travail -     Pour le demandeur d’emploi, s’il dispose sur son compte d’assez d’heures et que sa formation se trouve sur la liste, alors il n’a pas besoin d’avertir Pôle Emploi. -     L’accord de l’employeur doit être demandé « au minimum 60 jours avant le début de la formation si celle-ci dure moins de 6 mois, et au minimum 120 jours si celle-ci dure au moins 6 mois ». L’absence de réponse de l’employeur dans un délai d’un mois vaut acceptation. -     Le CPF est géré par la Caisse des Dépôts et consignations ; pas par l’entreprise. -     Vous n’avez pas d’obligation de dévoiler votre crédit d’heures à votre société -     L’entreprise ne peut pas vous obliger à réaliser une formation grâce à vos heures du CPF. -     Pour les salariés, la liste de formations disponibles dépend de votre Branche : Un ingénieur ne pourra pas faire de formation tatouage.
Le CPF a été créé afin de responsabiliser l’individu et d’encourager la formation.

Quoi d’autre ?

Le nouvel entretien professionnel

Le gouvernement à également décidé de rendre obligatoire l’entretien professionnel. Pour les puristes : oui il existait déjà mais cette réforme l’a beaucoup étoffé. Vous devez savoir qu’il existe un entretien annuel d’évaluation au cours duquel le salarié rencontre son responsable et tous deux discutent du poste, des compétences du collaborateur, de l’accomplissement des objectifs fixés et en prévoient de nouveaux pour l’année à venir. Désormais, tous les deux ans, devra être réalisé un entretien professionnel, en plus de l’entretien annuel. Il devra porter sur les perspectives professionnelles du salarié et ses projets personnels d’évolution. Il ne s’agit plus d’évaluer, mais d’avoir une discussion quant à savoir si le salarié désire évoluer dans son métier, où se voit-il dans 5 ans ? 10 ans ? Quels sont ses objectifs ? etc. Pour un jeune diplômé qui a passé ses deux premières années dans l’entreprise, il est intéressant de faire un point, car de nombreuses choses ont pu changer depuis son embauche ; sa situation personnelle par exemple ou bien ses projets de carrière à long terme. Du point de vue du collaborateur, l’entretien professionnel peut permettre de mettre au courant sa hiérarchie de ses objectifs et d’en discuter sans aucune notation ou évaluation. Tous les 6 ans, l’entretien professionnel prendra une valeur particulière car il sera considéré comme un bilan avec une rétrospective sur les six années passées.

Pour conclure

On passe d’une obligation de payer à une obligation de former : les sociétés ne versent pas juste un budget « formation » aux OPCA (qui rappelez-vous mutualise les fonds pour plusieurs structures) mais les entreprises doivent maintenant prouver qu’elles forment leurs collaborateurs. L’individu maîtrise son parcours professionnel : il a accès librement à des formations via son CPF qu’il utilise en autonomie et bénéficie d’un dialogue sur ses projets avec son employeur via l’entretien professionnel. Il ne faut cependant pas se leurrer. Le CPF sort tout juste de l’œuf, et beaucoup sont pessimistes quant à son utilisation. Les différents éléments de la réforme prennent du temps à être mis en place. Il faudra attendre pour voir ces changements porter leurs fruits et un bilan en fin d’année devra déterminer si les objectifs ont été atteints.