Chronique d’une déception : faisons davantage confiance aux Jeunes !

Chronique d’une déception : faisons davantage confiance aux Jeunes !

De la surprise à la déception

Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il y a une semaine, au cœur du Journal Télévisé de 20 heures de TF1, je découvris dans le sommaire de la seconde partie un reportage sur l’Engagement. Enfin avions-nous décidé de déplacer le projecteur sur la Jeunesse et ses prises d’initiatives, enfin leurs projets et idées allaient être mis en avant. C’est ainsi que je découvris le témoignage d’une jeune fille de 15 ans, élève en Seconde, qui, en tant que bénévole, participait à des veilles et partageait certaines de ses nuits au cœur de la rue, aux côtés de sans domicile fixe, leur apportant un réconfort et une présence fondamentale. L’engagement de cette jeune fille est admirable, et nous devrions être nombreux à prendre exemple sur elle. Néanmoins, s’il est vrai que je ne m’attendais pas à un reportage sur cette forme d’engagement, je pensais que le reportage mettrait en avant l’engagement de la jeune fille auprès de l’association, son rôle ou encore la valeur ajoutée qu’elle y apportait, afin de susciter chez d’autres jeunes l’envie de s’engager. Au contraire ! Le reportage met l’accent sur la « leçon de vie » prise par la jeune bénévole, qui apprend alors que « la vie est parfois difficile ». Sans sombrer dans l’idéalisme, je pense que les jeunes de 15 ans et plus sont aujourd’hui parfaitement conscients que la vie est difficile. Peut-être pas aussi brutalement – la jeune bénévole parle de « claque », de « choc », ce qui est compréhensif –, je le concède. Moi qui avais espoir que des projets tels que la Journée Nationale des Jeunes, pour n’en citer qu’un, ait fait évoluer la conception de la Jeunesse, me voilà défait. Si, nous, les jeunes, avons encore à apprendre de la vie et des autres, ce n’est pas, de mon point de vue, en orientant ainsi un reportage que les jeunes décideront de s’engager.

Un mal français : oublier de placer les jeunes sur la scène

La France souffre d’un bien étrange mal : elle n’a jamais su mettre en avant sa propre Jeunesse. Si dans un précédent article, j’appelais les jeunes à prendre leur courage et à se lancer dans l’arène l’entreprise, des associations ou de l’engagement, j’insiste aujourd’hui sur le rôle des autres acteurs. Je ne me satisfais en effet pas de ne voir dans les médias que les jeunes qui ont déjà fondé leur entreprise et qui ont réussi. La France aurait-elle décidé de se parer d’un surprenant voile qui interdirait de montrer ceux qui débutent, ceux qui échouent pour mieux repartir ? Peut-être, la culture de la réussite faisant partie de nos mœurs. Cependant, je suis certain que notre pays et notre société ont une culture de l’entreprise, de l’initiative. Et les jeunes notamment, pour ne parler que d’eux. Notre erreur tient en deux principaux volets. D’abord, nous nous refusons de donner les moyens et les clefs dont ils ont besoin aux jeunes. En effet, les cours sur l’entrepreneuriat n’apparaissent qu’en Licence Economie-Gestion ou en Licence AES. La proposition de « faire entrer le monde de l’Entreprise à l’École » me semble alors intéressante mais, pour l’instant, ne semble pas être une priorité. Pourtant, en donnant envie aux jeunes de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, c’est la garantie de voir émerger à moyen ou long terme des start-ups innovantes et des PME compétitives. Si l’Allemagne connaît une période de relative prospérité économique, c’est notamment grâce à son immense tissu de PME. N’oublions pas que les emplois sont créés…par les entrepreneurs. Le second volet tient au manque de reconnaissance des acteurs autour des jeunes qui prennent des initiatives. Si certains collectivités sont à l’écoute de leurs jeunes engagés, mettent en œuvre des récompenses et des concours pour faire émerger des talents et des projets, ces actions restent marginales. Je fais donc appel aux médias, locaux et nationaux, mais aussi à tous les interlocuteurs des jeunes engagés, ou encore aux jeunes qui ont réussi : retournez-vous vers les jeunes et leurs projets, et tendez leur la main pour mettre en avant ce qu’ils font et sont. Vous êtes la garantie mais aussi la condition de leur succès.

Les jeunes pour mettre en avant les jeunes ?

S’il est tout à fait compréhensif que les médias ne puissent pas toujours faire le tour d’horizon de l’ensemble des projets des jeunes, il est important de mettre en avant ceux qui du moins sont reconnus comme des espoirs (récompensés par des Trophées par exemple). Pour les autres projets, je considère que nous devons aussi compter sur notre classe d’âge pour nous mettre en avant. Ce sont les autres jeunes, qu’ils soient engagés ou non, qui doivent savoir porter les initiatives des autres. Notamment s’ils sont constitués en organisation telles que les associations. C’est en ce sens qu’à titre personnel, entouré d’une équipe de professionnels et de bénévoles, j’ai décidé de promouvoir ces engagements au sein de notre association. Grâce à la confiance de nos adhérents et de notre équipe dans le projet que je leur proposais, l’AERJE est en passe de mettre en œuvre un Réseau de l’Engagement dans lequel nous réunirons des centaines de jeunes engagés ou sur la voie de l’engagement, mais aussi des établissements d’enseignement, des associations… La France regorge de jeunes talents qui ne demandent qu’un « coup de pouce » pour faire éclater leur brio. Apprenons donc à promouvoir leurs initiatives, que nous soyons nous-mêmes jeunes, ou faisant partie de leurs partenaires.