Le soutien, ou comment sauver la prise d’initiative et l’engagement

Le soutien, ou comment sauver la prise d’initiative et l’engagement
Le soutien, un sujet bien surprenant pour un article… Il convient pourtant de souligner, alors qu’au quotidien nous pouvons entendre parler d’une morosité ambiante – la force de persuasion de ceux qui l’affirment se veut par ailleurs croissante bien qu’infondée –, que ceux qui croient encore en la Jeunesse ou en l’initiative tentent de se mobiliser et de soutenir leurs pairs.

Le monde de l’entreprise partagé entre plusieurs institutions

Débutons par ceux pour qui l’absence de soutien serait fatale. Je pense évidemment aux entrepreneurs, et notamment aux jeunes, qui se lancent dans une aventure ô combien passionnante mais complexe – cette complexité serait-elle la source d’un tel intérêt ? Peut-être ! –. Fort heureusement pour nos amis entrepreneurs, les institutions financières n’ont plus le monopole du financement des projets entrepreneuriaux. Soyons précis. Je peux comprendre le recul que prennent les banques dès lors qu’elles doivent financer un projet – porté par des jeunes ou non d’ailleurs –. Leur frilosité quant à certains projets est plus ou moins défendable. Echaudées à de nombreuses reprises, les banques craignent chaque jour davantage de perdre leur « investissement ». Cependant, cette attitude conduit inévitablement à un blocage en matière d’initiative, ce qui alimente le cercle vicieux dans lequel se trouve notre économie. La prudence est donc acceptable, la cohérence souhaitable. Mais la frilosité n’est plus compréhensible quand nous observons certains placements tellement plus dangereux que l’investissement auprès des acteurs locaux et nationaux, que sont les PME et les TPE. Il en va de même pour les start-up ! Parmi les « nouvelles » sources de financement – tout reste relatif quant au critère de nouveauté dans un monde globalisé qui évolue à une vitesse des plus astronomiques : je suis persuadé que de nouvelles méthodes émergent à l’heure actuelle sans que nous n’en ayons connaissance ; et fort heureusement d’ailleurs –, il convient de citer le crowdfunding, ou financement participatif, et, naturellement, les business angels. Ces deux modèles sont les exemples parfaits qui appuient mon fil directeur : sans soutien – de « civils » dans le premier cas, de riches « protecteurs » dans le second –, les entrepreneurs seraient condamnés à disparaître. Rendre hommage à ces acteurs émergents en matière financière me paraissait essentiel. Je n’oublie évidemment pas la Banque Publique d’Investissement, dont le porte-parolat est assuré par S. Royal. Quant au soutien d’acteurs tels que les incubateurs ou encore les pépinières d’entreprises – les premiers permettant de confronter à la réalité les projets de chacun, les secondes soulageant de nombreux frais particulièrement lourds, tels que l’immobilier –, il est naturellement fondamental.

Le soutien comme base du modèle associatif

Le monde associatif se fonde quant à lui sur la question même du soutien. En effet, une association est « la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices », selon l’article 1 de la loi 1901. Cette précision nous démontre combien le modèle associatif a besoin du soutien d’acteurs aussi nombreux que leurs dirigeants, leurs bénévoles, leurs adhérents, leurs partenaires, leurs financeurs… Les fondateurs, lorsque leur projet prend forme, fixent une ligne de conduite, plus ou moins déterminée. Ils sont par la suite rejoints par l’ensemble des acteurs précédemment cités. Leur présence à leurs côtés conditionne le développement et le fonctionnement même de l’association. C’est ainsi que se rencontrent les questions de l’engagement et du soutien. Il ne peut y avoir engagement et investissement pour une cause sans, qu’en amont, des hommes et des femmes ne se posent en soutien, en nature ou financièrement parlant. L’appui des plus considérables des collectivités territoriales et de l’Etat aux organisations associatives démontre de son côté la prise de conscience, du moins du point de vue des autorités publiques, du rôle de ces dernières. En effet, il est particulièrement intéressant de souligner que de nombreuses missions d’Etat ou des collectivités sont partagées ou déléguées avec les associations, qui se posent chaque jour davantage en acteur quotidien. L’ambition des associations d’une part et les besoins des collectivités d’autre part sont finalement concourants et tendent à atteindre un point d’équilibre. Du point de vue financier, les associations sont plus ou moins reconnues et aidées par les organismes publics et privés. Les fondations se multiplient, les pouvoirs publics se veulent présents, par le biais des subventions mais aussi des accompagnements quotidiens divers, les dons privés occupent une place majeure au sein des budgets, les sponsors savent également trouver leur intérêt dans un tel soutien. Finalement, chacun a une responsabilité dans le développement de la vie associative locale et nationale.

Au quotidien, soutenir et être soutenu

Les jeunes ont tous besoin de soutien, dès le plus jeune âge. Y compris au collège et au lycée. Bien au-delà, je crois indispensable, au cours de la vie étudiante – et bien naturellement auparavant –, de ne pas relâcher cet effort d’accompagnement. En effet, même si les jeunes rejettent au plus haut point toute forme de soutien, il est évident que leurs besoins sont croissants, puisque confrontés à de nouvelles problématiques. Loin de moi l’idée de faire un quelconque point de psychologie, mais il me semble essentiel de rappeler combien nous avons tous besoin d’être reconnus et soutenus. J’insiste ici, je n’aborde pas les problèmes d’ordre personnels, mais bien ceux liés à la vie étudiante et professionnelle et à l’investissement. Ce modeste – et ô combien non exhaustif ! – inventaire des natures du soutien qu’il convient d’apporter à ceux qui s’investissent me permet d’insister sur l’engagement que chacun d’entre nous, selon moi, devrait connaître. En effet, nous avons tous une part de responsabilité dans la réussite de nos projets communs. Je n’aborde en aucun cas la question financière, bien au contraire. Je pense simplement que chacun des jeunes que nous sommes a le devoir de solidarité avec ses pairs en soutenant, par une simple participation à la communication par exemple, ou encore en contribuant concrètement à l’action de ces derniers. Enfin, ceux qui sont déjà engagés ont aussi le devoir de mettre en avant ceux qui font leurs prémices en la matière (et tel est le cas de Wizbii !). Attention néanmoins ! Ce soutien ne doit pas être justifié simplement par un acte de générosité ou de sympathie. Il doit s’inscrire soit dans une lignée de valeurs personnelles auxquelles nous désirons donner une nouvelle forme, soit dans une grande dynamique, une vaste mobilisation des jeunes pour la Jeunesse elle-même. Je nous invite donc tous à un travail commun dans cette direction, et ainsi à une nouvelle forme d’engagement.