Sans emploi / Célibat : même combat ? Récit d'un jeune diplômé au chômage

Ami jeune diplômé en recherche d'emploi, tu es déprimé ? Moi aussi, ne t'inquiète pas ! Voilà quatre mois que je n'ai pas touché un communiqué de presse, posté une publication Facebook ou envoyé un tweet pour une boîte. Quatre mois sans conduire un projet web, sans élaborer un plan de communication, sans envoyer une newsletter, sans organiser un événement ou établir un benchmark : rien, nada, walou ! C'est en société que c'est le plus difficile avouons-le. Vous savez, quand vous êtes en soirée avec vos amis, eux aussi jeunes dip' mais clairement casés professionnellement. Et bien, j'ai fait une drôle de découverte l'autre jour : être sans emploi, c'est comme quand on est le célibataire de la soirée ! On est entouré de personnes comblées, qui se sentent un peu gênées d'étaler leur bonheur devant vous. « Jean-pierre (sic) m'a fait la surprise de m'emmener en week-end à Rome la semaine dernière » Vous, votre week-end à Rome, ça consiste plus à écouter du Etienne Daho en regardant tomber la pluie à grosses gouttes durant cet hiver interminable qui décidément joue les prolongations. Mais pour les jeunes actifs avec qui vous trainez, c'est tout autre chose. Leur week-end à Rome, c'est un salon à Los Angeles (véridique, c'est arrivé à une amie), ce sont des campagnes Facebook à gérer, un projet à conduire de A à Z, un tour de France événementiel des grandes villes pour une marque, des communiqués de presse de dernière minute en pagaille, des réunions à n'en plus finir et des responsabilités qui s'ajoutent à leurs missions au fil des mois. Vient alors, le moment où ils se rendent compte que vous les regardez avec envie et passion (un léger filet de bave se formant à la commissure de vos lèvres). Sourires crispés, une petite vanne pour détendre l'atmosphère et arrive le « Et toi alors en ce moment ? Ça avance ?» Vous haussez des épaules, vous expliquez que vous continuez votre veille, que vous postulez, puis vous bredouillez qu'un ancien collègue connaît peut-être quelqu'un qui dans quelques mois « sait-on jamais » aura besoin d'un profil comme le vôtre... Mais vous n'avez rien de bien solide à raconter, passez vite à un autre sujet. Et là, avec toute la bienveillance du monde, on tente de vous rassurer, de vous encourager... Et ce sont les mêmes mots qui arrivent alors quel que soit la situation... Emploi : « T'inquiète pas ça va venir. Il faut laisser du temps au temps. Tu revois tes anciens collègues ? Rencontre de nouvelles personnes ! Ça élargira ton réseau pro ! Tu vas sur des sites dédiés aux jeunes diplômés ? » Amour : « T'inquiète pas ça va venir. Il faut laisser du temps au temps. Tu sors un peu ? Rencontre de nouvelles personnes ! Ça élargira tes chances de tomber sur quelqu'un pour toi. T'as essayé internet ?! » ou alors Emploi : « Mais tu sais, je suis crevé, j'ai l'impression de n'avoir plus de vie. Profites-en pour prendre du temps pour toi, pour des activités. » Amour : « Mais tu sais au fond, je t'envie. Cette liberté que tu as. Profites-en pour prendre du bon temps et batifoler avec des inconnus !» Vous le voyez maintenant le parallèle Célibat/sans emploi ? D'autant plus, que vous-même, ne nous mentons pas, vous avez cette sensation qu'il vous manque quelque chose de moteur aujourd'hui pour avancer. Vous passez d'un stage ou d'un premier CDD où vous vous êtes donné à fond, où vous avez accompli des missions qui vous ont à la fois construit et comblé, où vous avez eu en quelque sorte une reconnaissance de vos pairs... à l'ennui, à la procrastination et un peu à la déprime oui. Comme après une rupture, dans ces moments-là, il est très vite tentant d'enfiler son jogging le plus délavé, de s'engouffrer dans son fauteuil, enseveli sous une montagne de plaids pour visionner l'intégrale des Frères Scott (ou de Batman si vous êtes comme moi) en ingurgitant toute la junkfood possible et imaginable. Et bien STOP ! Arrêtez tout ! Luka et Peyton quitteront de toute manière la série après la saison 6, et l'homme chauve-souris finira par accompagner le Joker jusqu'à l'asile d'Arkham avant sa prochaine évasion. Votre jogging enfilez-le pour de bon mais pour faire du sport ! Comme en amour, encore une fois, votre Ryan Gosling ou votre Mila Kunis de l'emploi ne va pas tomber du ciel (hélas). Donc écoutons nos amis, nos parents, nos anciens collègues et tenons-nous aux aguets pour être prêt à la rencontre qui changera tout. D'ailleurs pourquoi ne pas la provoquer ? En participant à un Speed Dating/Job Dating ? Ou en interrogeant son entourage par exemple : « T'as pas des potes célibataires mignons à me présenter ? » « Tu connaîtrais pas quelqu'un qui bosse au département digital d'Ubisoft ? » Je crois beaucoup à l'idée de rencontre dans le monde professionnel. Peut-être est-ce naïf ? Mais si un jeune diplômé n'est pas naïf, qui le sera ? Alors tenez-vous prêts. Un beau matin, cette personne en charge du recrutement arrivera à son travail après avoir déposé ses enfants à l'école le matin. Elle se dirigera vers la machine à café, saluera ses collègues. Puis, comme en pilote automatique, elle rejoindra son bureau où l'attendra une pile de dossiers (et une BAL pleine à craquer). Après un soupir, elle pianotera des premières réponses aux mails les plus urgents et là, elle tombera sur votre candidature ou le message de son collègue qui vous connait bien et qui lui parle de votre projet professionnel... Quelque chose attirera alors son attention dans votre profil : le nom d'une entreprise, un intitulé de mission, votre passion pour la gymnastique suédoise... Bref, un déclic s’opérera et la poussera peut-être à vous contacter pour un premier rendez-vous. Je vous laisse gérer la suite hein ! Peut-être que ça ne débouchera pas tout de suite sur un emploi. Mais se sentir désiré, intéressant, « bankable » vous redonnera un peu plus confiance pour la suite de vos recherches ;-) Remplacer la spirale négative par la positive. Voilà ce que je m'efforce de faire à partir de ce jour! Photo : The Big Bang Theory