Suis-je prêt à entreprendre ?

Le Camping, premier accélérateur créé en France en 2011, a publié fin 2014 une étude basée sur les 763 entrepreneurs ayant candidaté à sa 6ème saison. Le résultat ? Un « portrait-robot du startuppeur français ». Petit résumé des enseignements de ce portrait, pour enfin répondre à la question : pourrais-tu être entrepreneur ?

Entrepreneurs et diplômés de grandes écoles

les candidats se ressemblent

Le premier constat est frappant : ces candidats se ressemblent. De jeunes hommes diplômés de grandes écoles prestigieuses, voilà ce qui semble constituer la scène startup aujourd’hui. Bien sûr, cela ne surprendra pas les habitués du microcosme des startups parisiennes : on y fait des rencontres passionnantes, mais les profils ne brillent pas par leur originalité*, même s’ils sont quasiment tous « excellents » au regard des critères français.

Mais que veut dire exactement ce portrait du « startuppeur français » ?

Faut-il être bardé de diplômes pour entreprendre ?

Je ne vais pas te faire languir plus longtemps : la réponse est non. Ce portrait est le reflet des candidats au Camping, rien de plus. Cela ne veut pas dire qu’il n’a aucun intérêt, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit :

♦ D’entrepreneurs du web, une catégorie particulière d’entrepreneurs ♦ En région parisienne, ce n’est pas non plus anodin ♦ Qui candidatent au Camping, un accélérateur très sélectif

Un portrait unifié mais pas décisif

Soit, mais s’ils candidatent à cet accélérateur prestigieux, ces entrepreneurs sont probablement meilleurs que les autres ?

Sortir d’une grande école prestigieuse apporte principalement deux choses :

♦ le réseau (qui peut potentiellement être utile en entrepreneuriat, c’est certain) ♦ la capacité à apprendre rapidement. apprendre par l'imitation  

Concernant les acquis (« soft skills » et « hard skills »), l’apport du passage en grande école sera dans la majorité des cas assez limité. Car quel que soit le diplôme, tout entrepreneur passe par le même état en débutant son premier projet : perdu. Peu importent les études, peu importe le temps de préparation, je ne connais pas un seul entrepreneur qui ait assuré sur tous les aspects en se lançant, qui n’ait pas eu de moments de doute, qui ait su quoi faire dès le début… Tu l’as bien compris : le diplôme, c’est bien pour trouver un travail.

L’entrepreneuriat, ça s’apprend… en entreprenant

Sur le terrain. C’est certain, on prend des coups, on fait des erreurs. Mais dis-toi bien que les entrepreneurs stars, français ou internationaux, tout comme les millions dont tu n’as jamais entendu parler, sont passés par là.

apprendre par l'échec entrepreneurial

Alors, es-tu capable d’entreprendre ?

Peu de gens sont vraiment incapables d’entreprendre… donc oui.

Mais est-ce fait pour toi ?

Si tu es prêt à y mettre le temps et l’énergie, que ta famille et tes proches te soutiennent dans ce projet, et que tu sais qu’un échec ne t’empêchera pas de rebondir, alors oui également ! Bien sûr, il te reste à structurer ton projet, trouver ton marché, développer ton produit, t’entourer d’une équipe qui partage ta motivation**, et tant d’autres choses, parfois passionnantes, parfois pénibles… Mais tant qu’il y a de l’envie, il y a de l’espoir !

 

* Je précise que je ne porte pas ici un jugement de valeur : mon associé et moi-même sommes issus de ce même « moule » des grandes écoles. Je ne le considère pas comme mauvais, loin de là, même si j’ai tendance à m’agacer un peu du caractère prédominant du « prestige » des écoles, éclipsant tout autre considération alors que la pertinence de ce prestige s’érode un peu plus chaque année.

** Et le capital de l’entreprise ! Oublie le mythe de la personne (souvent un développeur web) qui travaille pour une part de pizza : si ça marche pendant un temps, il y a fort à parier que tu seras le perdant au final quand tu te retrouveras tout seul… Je l’ai vu se produire bien trop souvent.

infographie-startup