« Tu devrais enlever ton expérience chez Flunch de ton CV ! » Voici ce que j’ai à répondre !

« Tu devrais enlever ton expérience chez Flunch de ton CV ! » Voici ce que j’ai à répondre !

L'une des mes collègues, Kadidia, reçoit un jour sur Linkedin un message d'une relation qui lui dit qu'elle devrait retirer quelque chose de son CV. Son expérience chez Flunch. Le sous-entendu, c'est que travailler dans les fast foods ou les chaînes de restauration, c'est honteux.

Kadidia, qui est comme les volcans d'Auvergne (en sommeil mais une éruption est vite arrivée) a décidé de partager aux lecteurs de la ruche sa réponse à cette personne ! 

Sur LinkedIn, on rencontre tout type de professionnels. Des personnes bienveillantes et prévenantes, luttant pour faire tomber les préjugés. Et d’autres encore enfermées dans une vision archaïque de l’expérience professionnelle. J’ai eu la chance - uniquement pour ma réflexion personnelle (!) - de discuter avec l’une de ces dernières.

D’après cette personne, je devais modifier mon CV et supprimer mes 4 années passées au sein du Groupe Flunch en tant qu’hôtesse de caisse. Cette expérience n'avait, de son point de vue, rien à voir avec mon métier actuel, celui de Chargée de Relation Clients et faisait “tache” dans mon parcours.

Très honnêtement, j’ai eu un pincement au cœur. Car même si elle ne l’a pas explicitement dit, il était clair qu’elle n’avait pas une haute opinion de ce métier.

C’est vrai, au départ, c’était un “job étudiant” pour moi. Mais si vous saviez à quel point ce fut l’une des plus belles expériences professionnelles de ma vie...!

J'ai commencé par faire la plonge 

J'ai débuté chez Flunch à 18 ans, juste après l'obtention de mon BAC. J'emménageais alors seule dans une ville à 200 kilomètres de chez mes parents et m'engageais dans un CDI. D’un coup d’un seul, je prenais une maturité folle avec ce contrat à “durée indéterminée” qui me permettait avant tout de m’assumer et de payer mon loyer.

J'ai commencé en salle et à la plonge, pour rapidement rejoindre les mises en place d’entremets froids, et puis les caisses. C'est là que j'ai découvert, pour la première fois, la Relation Clients (ah tiens… il semblerait que ce soit mon métier actuel !). Prendre les commandes, écouter et découvrir son client, proposer le ou les produits adéquats, discuter avec bienveillance et surtout, le fidéliser. C’était ma partie préférée.

Quelque temps après, c'est grâce à ma mutation au sein du groupe Flunch que j'ai trouvé un appartement à Paris. Parce qu’après tout, j'avais un contrat ; petit, mais un contrat quand même !

Une ligne sur un CV pour une expérience qui m’a transformée 

C'était la première fois de ma vie que l'on reconnaissait mes aptitudes professionnelles et mes compétences. Oui, j'étais bonne dans ce que je faisais, je le faisais bien et avec le sourire.

La Responsable des Ressources Humaines du restaurant m'a proposé d'augmenter mes heures une fois ma licence obtenue. Contente de mon travail car je m’investissais dans chaque service que j’enchainais, il lui semblait évident que j’étais un atout pour l’équipe. Et surtout, elle m’a ensuite encouragé à passer des formations internes qualifiantes pour manager des personnes.

 MANAGER ! Rendez-vous compte, j'ai eu une équipe de 5 à 10 personnes à gérer à l’âge de 21 ans alors que le turn over sur ces “petits jobs” étudiants était assez important. J'augmentais mon savoir avec des formations en qualité, satisfaction client, marketing, pour aider le restaurant à rentabiliser et capitaliser sur ses ressources.

La responsable RH avait commencé très jeune, en bas de l’échelle, et se reconnaissait en moi. La vingtaine, des idées plein la tête, de l’énergie à revendre et la soif d’apprendre. Chaque jour était une nouvelle aventure pour moi :

  • des clients différents
  • une équipe intergénérationnelle et multiculturelle
  • des responsabilités avec la gestion des flux de caisses
  • un peu de comptabilité par ci
  • un peu d’administratif par là

Bref, de quoi m’enrichir pour mes futurs emplois.

Fière de mon parcours, quoi que vous en pensiez !

J'en suis sortie plus mature, forte et autonome. Je suis aussi fière de ce parcours atypique poursuivi pendant mes études supérieures et qui a démontré ma ténacité.

Lorsqu’ensuite j’ai intégré une grande entreprise spécialisée dans l’environnement en tant que Chargée de communication, ma pugnacité et mon adaptabilité ont été reconnues et félicitées.

Par exemple, je me souviens de mon premier événement grand public. Je ne savais pas grand-chose des débats environnementaux, seulement les grandes lignes. Mais j’avais intégré dans chacune de mes activités la rigueur qu’on s’impose en restauration. Alors j’écoutais patiemment ma collègue et les réponses qui fusaient. Je prenais des notes et révisais dans mon coin avec ardeur.

 Bientôt, à l’aise dans mes baskets, je m’occupais d’un groupe scolaire en visite sur l’un de nos sites. Dans la restauration, l’un des prérequis du métier est la capacité à gérer des tas de choses en même temps ; alors des enfants, vous pensez bien !

 Quelques mois après, je gérais quasi seule nos événements auprès d’institutions publiques. L’autonomie et l’aisance à l’oral, étaient encore deux aptitudes acquises lorsque j’étais hôtesse de caisse.

Mon objectif aujourd’hui : mettre à profit tout ce que j’ai appris et intégré, transposer ce savoir et être rapidement performante sur un nouveau poste. Et honnêtement je continue à me servir des qualités que j’ai développées pendant ces 4 ans :

  • avant d’ouvrir le restaurant, il faut parfaire sa mise en place pour attirer l’œil du client : un marketing top, des produits intéressants, un site internet bien fait...
  • les clients du midi n’avaient que peu de temps pour déjeuner, il fallait être rapide : je suis devenue super réactive dans mes réponses auprès de mes clients
  • à l’heure du goûter nous recevions des clients indécis dans leur choix de pâtisseries : je connais mes produits par cœur et m’efforce de conseiller au mieux mes clients d’après leurs besoins
  • gérer les flux d’arrivées clients, indiquer les toilettes à un enfant, faire le compte de sa caisse, répondre à un collègue, penser au prochain produit à afficher et paramétrer… : être multifonction et savoir gérer plusieurs actions en même temps
  • finir tard ou faire des services en “coupure”, c’est à dire tôt le matin, être en pause 3h et reprendre pour le service du soir : les horaires ne me font pas peur, si mon activité me plaît je peux y passer beaucoup de temps

Le mot de la fin

Savoir capitaliser sur son expérience, c’est mettre en avant tout ce que l’on apprit. Que ce soit durant 2 mois en tant que plagiste ou 9 ans dans la même industrie. Personne n’a le droit de vous retirer votre expérience, car c’est elle qui vous a façonné et mené sur votre voie. Je suis une hôtesse de caisse devenue une chef étoilée de la relation clients. Et j’en suis fière !