Moi, Moche et Bon : trois étudiants sauvent les aliments "moches" du gaspillage

Moi, Moche et Bon : trois étudiants sauvent les aliments "moches" du gaspillage

En France près de 30% des fruits et légumes sont écartés du circuit de la consommation car ils ne rentrent pas dans les normes de calibrage de la distribution. Forts de ce constat, trois étudiants de l'Ecole de Management de Strasbourg ont décidé d'engager une lutte contre le gaspillage. Leur start-up, Moi, Moche et Bon récupère les fruits et légumes « moches », hors calibre, petits, difformes, gros ou boiteux destinés à la poubelle et les transforme en jus de fruits. 

Moi, Moche, et, Bon, Logo

Hello les gars, pouvez-vous vous présenter et nous parler de vos parcours tant scolaires que professionnels ?

Nous sommes trois amis de longue date, nous nous sommes retrouvés dans la même formation entrepreneuriale à l’Ecole de Management de Strasbourg. C’est tout naturellement que nous avons été amenés à travailler ensemble. Nous (Cagri, Thomas et Séverin) avons commencé à bosser autour de la thématique du gaspillage alimentaire il y a un an maintenant, on a d’ailleurs fêté notre anniversaire aujourd’hui en trinquant autour d’un bon verre de jus de pomme ! L’équipe a évolué depuis la création, Cagri s’en est allé pour découvrir de nouveaux horizons et c’est un ami a nous qui nous a rejoint, Jérémy.

Aujourd’hui, on voit que les étudiants entreprennent de plus en plus : qu’est-ce qui a été déterminant dans votre choix d’entreprendre ?

On a fait tous les trois (et même Jérémy) énormément de sport en équipe quand on était un peu plus jeunes, on adore le relationnel en équipe, c’est une des premières raisons qui nous a poussés vers l’entrepreneuriat. La deuxième chose, c’est qu’on partage de fortes valeurs, ce sont des valeurs que l’on a en nous depuis très longtemps.

L'entrepreneuriat nous permet de créer quelque chose autour de ces valeurs, de les véhiculer pour changer les choses à notre échelle.

La dernière chose que j’ajouterais par rapport à l’entrepreneuriat, est sûrement liée à nos personnalités. Nous sommes très indépendants et un peu « rebelles » concernant le système en place, ce qui nous amène naturellement à entreprendre.

Vos crédos : l’anti-gaspillage et la satisfaction de toutes les parties prenantes. Moi, Moche et Bon comment ça marche ?

Alors Moi, Moche et Bon qu’est ce que c’est ? C’est pas compliqué, on rachète aux producteurs alsaciens des fruits et légumes « moches », hors calibre, les petits, les difformes, les gros, les boiteux … On souhaite revaloriser ces écartés du circuit de distribution pour les transformer en jus de fruits. Ils ont le même goût que les autres, pourquoi ne pas en faire quelque chose ?

Actuellement, nous avons développé un seul produit, du jus de pomme. On produit énormément de pommes en Alsace, il est donc logique que l’on se tourne vers ce fruit au départ. On va sortir un nouveau produit, un jus de pomme bio, puis un nouveau début mars... mais celui la on le garde secret, on peut pas tout vous dire quand même ! Nous veillons également à ce que toutes les parties prenantes à notre entreprise soit gagnantes, nous respectons nos producteurs, c’est une de nos valeurs fondamentales avec la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Développer sa start-up tout en étant étudiant, ce n’est pas tous les jours facile, quelles sont les structures qui vous accompagnent ?

Alors au départ nous bénéficions d’un statut juridique spécial pour les étudiants-entrepreneurs, le statut Entreprendre Pour Apprendre (EPA). Puis nous nous sommes structurés petit à petit, on a la chance de faire partie de la coopérative Antigone depuis le mois d’août 2015. Cette coopérative nous permet d’exercer légalement tout en gérant notre comptabilité (c’est super pénible la comptabilité) et en veillant au bon développement de notre entreprise. On compte bientôt sauter dans le grand bassin en créant notre propre société, en 2016 normalement.

Avec un budget étudiant et peu de ressources, comment vous êtes-vous financés ?

Au départ c’était compliqué, on n'avait pas grand chose. On a eu l’opportunité de tenir la buvette du salon de l’habitat de Strasbourg au mois de mars 2015, sexy hein ? Non sérieusement c’est vraiment cet événement qui a lancé notre entreprise. En une semaine, nous avons dû nous organiser pour trouver un logo, des pommes, un pressoir et des caisses pour transporter nos bouteilles. Et on finance ça comment ? Heureusement que nous avions un petit peu d’argent de côté, on a investi un peu plus de 2 000 euros au départ.

Ensuite c’est un peu de la bricole quand on n'a pas de sous : on livrait nous même, on stockait nos bouteilles dans la cave de Thomas... Puis on a pris la décision de réaliser une campagne de crowdfunding, on a été ambitieux, on a demandé 12 000 euros. Nous avions 60 jours pour les récolter, ça nous a permis de communiquer, de réaliser des reportages télé, radio et presse. Ca a été très intéressant et enrichissant comme expérience. Ça s’est fini le 31 décembre, c’était agréable comme nouvel an, puisque finalement ont a récolté 13 000 euros ! Maintenant, à nous de bien les utiliser pour développer pleinement notre entreprise.

Le financement n'est pas un soucis, quand une idée ou un projet a de l’avenir, on trouve des financements. On s’est toujours dit que si on ne trouvait pas de financement, c’est que notre projet était  bancal.

Maintenant que l’objectif a été atteint, quels sont vos futurs objectifs ? Les produits biologiques non ?

Nos objectifs pour l’année 2016 sont simples, ils sont axés sur le développement. Nous voulons élargir notre gamme ainsi que notre réseau de distribution. Pour la fin de l’année 2016 nous avons pour objectifs d’avoir 4 produits permanents non bio, 2 produits bio et un produit éphémère en fonction des saisons. En terme de points de vente, nous désirons augmenter notre réseau de distribution à trente points de vente.

Pour résumer, on veut faire du volume afin d’avoir un impact toujours plus important sur le gaspillage : développer notre gamme pour étendre notre champ d’action, se structurer pour être plus efficace, s’étendre pour faire bouger les choses.

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Votre start-up démarre à peine, j’imagine que vos besoins sont nombreux : recrutez-vous ?

Nous avons de réels besoins en communication ainsi qu’en community management. Une stagiaire en communication va se joindre à notre équipe au courant du mois de février, nous avons hâte de travailler avec elle. Le recrutement en start-up n'est pas toujours évident, nous avons la chance d’être entourés d’une équipe de «seniors» qui nous suivent de plus ou moins près, bénévolement. On ne les remerciera jamais assez pour l’impact positif qu’ils ont sur notre entreprise !

Pouvez-vous nous dévoiler un vœu pour cette année 2016 ? Une bonne résolution ?

Jérémy aimerait que des oranges poussent en Alsace pour qu’on en fasse du jus car il adore ça, si vous pouvez réaliser son rêve, c’est maintenant !

Un vœu ? Qu’on remplisse nos objectifs et que vous entendiez souvent parler de nous. Ah une bonne résolution, ça c’est pas mal comme question... Avec Jérémy on aimerait que Thomas arrête de scruter tous les profils féminins qui aiment le Facebook Moi, Moche et Bon sur son temps de travail. C’est une blague ! Vous pouvez aimer, partager, soutenir Moi, Moche et Bon sans modération !

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Merci les gars, on attend avec impatience vos nouveaux produits ! On donne rendez-vous à nos lecteurs dès demain pour un nouvel article sur La Ruche, d'ici là, n'oubliez pas de manger 5 fruits et légumes par jour !