Canada : Quelles sont les spécificités des métiers de l’ingénierie ?

Le Canada est une terre d’immigration fertile et en pleine croissance. En ces temps de crise, le Canada est parmi les pays qui embauchent le plus et notamment dans certains corps de métier tel que l’ingénierie. Aussi, comment expliquer ce manque de main d’œuvre ? Quelles sont les spécificités liées aux métiers de l’ingénierie au Canada ?

Qu’est ce qu’un génie ?

Les sciences de l’ingénieur rassemblent un ensemble de disciplines scientifiques qui touchent les métiers d’ingénieur. De la robotique à l’informatique en passant par l’électronique, la mécanique, l’automatique ou encore le génie civil, les sciences de l’ingénieur forment à des métiers techniques liés à des activités très variées. C’est pourquoi « être ingénieur » ne veut rien dire en soit, il faut choisir une spécialisation. Les ingénieurs ont pour point commun d’être techniquement experts dans leur corps de métier. Voici un palmarès des meilleures universités mondiales proposant des formations en sciences de l’ingénieur : Le Figaro

Le Canada recherche des génies

Le Canada connait une économie en pleine santé. Certains marchés plus que d’autre ont considérablement grossi dans le pays et manquent aujourd’hui de main d’œuvre qualifiée. Parmi les emplois en sciences de l’ingénierie les plus recherchés citons notamment l’informatique, l’aéronautique ou encore les nouvelles technologies. Selon le rapport sur le marché du travail en génie publié par Ingénieurs Canada en janvier 2013, près de 95 000 ingénieurs partirons à la retraite d’ici 2020 et le pays n’a pas assez de d’ingénieurs expérimentés pour les remplacer. Cela malgré « une croissance des emplois dans le secteur du génie ». Pourtant, le Canada ne manque pas de bonnes écoles et de formations spécialisées en la matière. Voici une liste (non exhaustive) de certaines d’entre elles : - Waterloo University (Waterloo, Ontario) - University of Toronto (Toronto, Ontario) - University of British Columbia (Vancouver en Colombie Britanique) - University of Alberta (Edmonton, Alberta) - McGill University (Montréal, Québec) - McMaster University (Hamilton, Ontario) - Simon Fraser University (Burnaby, Colombie Britanique) - Queen's University (Vancouver en Colombie Britanique) - Ottawa University (Ottawa, Ontario) - University of Calgary (Calgary, Alberta) - University of Victoria (Victoria, Colombie Britanique)

Les spécificités Canadiennes

Les entreprises Canadiennes font venir des génies du monde entier. La pratique du débauchage est d’ailleurs devenue monnaie courante : embaucher directement les employés compétents dans les entreprises. Cette pratique coûte cher aux entreprises qui auraient meilleurs comptes à recruter en interne. Mais le pays ne fournit pas assez de compétences et d’expérience dans les domaines recherchés ce qui ne leur laisse pas le choix. Certaines régions ont des contraintes bien spécifiques en termes de reconnaissance du savoir, et notamment au Québec. En effet, pour pouvoir se revendiquer « ingénieur » au Québec et être embauché en tant que tel, il faut en faire la demande et la procédure est assez sélective : L’ordre de génies du Québec est un ordre professionnel mandaté par le gouvernement qui s’assure de la « qualité » des ingénieurs et de leurs compétences. Des accords sont montés entre certains pays / régions pour faciliter le transport des cerveaux, mais cette étape reste cruciale pour les génies expatriés.

Pédagogie des génies

Le mystère est entier : pourquoi le Canada manque-t-il d’ingénieurs alors qu’il possède de nombreuses formations reconnues? Le classement des formations les plus prometteuses de Jobboom l’illustre bien puisqu’on y retrouve une dizaine de formations en génie. La première explication que l’on peut donner à ce phénomène est à la source : les jeunes ne choisissent pas cette voie car ces études sont trop longues et qu’il n’y a pas vraiment de soutien financier pour encourager cette entreprise. Autre possibilité : ceux qui se lancent finissent par dévier, voir même changent de voie à cause des conditions de travail. Tout ceci révèle bien l’importance du système d’éducation d’un pays. Le Canada reste l’un des pays avec le taux de chômage le plus bas, mais il ne parvient pas à adapter son système d’éducation à ses besoins. Si les industries ont besoin de génies expérimentés, il faut encourager les formations en alternance et envoyer les étudiants sur le terrain. L’information et la promotion de l’ingénierie auprès des jeunes devraient aussi les aider à connaître d’avantage ces métiers souvent abstraits et à choisir leur voie plus rapidement.