Cup of Teach / Marc-Arthur #1 : "Mes premiers pas d'entrepreneur"

Cup of Teach / Marc-Arthur #1 : "Mes premiers pas d'entrepreneur"
Depuis 3 mois que nous avons lancé Cup of teach, et bientôt un an que je travaille dessus, j'ai l'impression d'avoir plus appris que pendant des années.  Appris sur l'entrepreneuriat d'une part, mais aussi beaucoup sur moi ! Petit tour d'horizon. Apprendre à écouter Le meilleur professeur de l'entrepreneur, c'est l'entrepreneur plus âgé, plus expérimenté. J'ai beaucoup demandé de conseils, et moi qui ai souvent tendance à parler fort, j'ai appris à écouter. Me faire discret, et trouver dans chacune des personnes qui m'accordaient un peu de temps, les petites choses dont je pourrais me resservir. Une personne a été déterminante à cet égard : Olivier Aizac, le fondateur de Le Bon coin. Il a eu cette phrase que je garde en tête et que je ressort souvent : "99,9% des gens sont honnêtes. Quant aux autres… il faut faire avec". C'est une dimension particulièrement importante dans l'économie collaborative : la confiance. C'est une chose que les gens ont du mal à croire, mais qui est vrai… les gens sont honnètes, et le risque perçu est souvent cent fois supérieur au risque réel. Apprendre à ne pas écouter Il y a toujours des sceptiques ! Des gens fatiguants, toujours là pour vous décourager. Ceux qui regardent vos prévisions financières en vous disant que tout est faux. Ceux qui vous disent que votre concept est nul. Ceux qui vous disent que cela ne marchera jamais. Ceux qui vous disent "mais comment vous comptez vous faire connaitre ?". Parmi eux, certains n'ont pas manqué de me casser le moral. Et puis peu à peu, j'ai appris à ne plus les écouter, à conserver mon enthousiasme et ma bonne humeur pour ceux avec qui nous pouvons avancer et nous améliorer. Apprendre à partager D'une façon générale, je suis quelqu'un d'assez autonome. Je ne dirais pas individualiste, mais j'ai une tendance un peu solitaire. Pourtant, je n'aurais pas pu créer Cup of teach sans Mathieu. D'une part, parcequ'il possède un tas de compétences et de qualités qui me font cruellement défaut et que nous sommes complémentaires. Mais surtout parce que les doutes, les joies, les plaisirs, les découragements, les remises en questions, les réussites, toutes les choses qui font notre quotidien, je ne vois vraiment pas les vivre seul. C'est une chance d'avoir un associé sur qui l'on peut compter. Certains n'en ont pas besoin. Pour ma part, sans Mathieu, je ne me serais jamais lancé dans cette aventure. Partager tout ça avec lui, c'est essentiel. Apprendre à oser Je me souviendrai toute ma vie de notre stagiaire Paloma qui me dit  en riant : "pour faire le buzz avec les ateliers cuisine, il nous faudrait Joel Robuchon". Et moi qui lui réponds très sérieusement : "Carrément ! Contacte-le !". Elle, me regardant l'air surprise avec ses grands yeux noirs… "Tu es sérieux ?" J'étais sérieux. Nous n'avons pas (encore) eu Joel Robuchon sur notre plateforme mais je ne perds pas espoir ! Au delà de ça, je me suis fixé comme principe que rien n'est impossible pourvu que l'on s'en donne les moyens. M Robuchon est un être humain, et si je le contactais en lui expliquant notre projet, je suis certain qu'il pourrait accepter. Ce principe, je l'applique tous les jours… et même si tout ne fonctionne pas toujours, des tas de personnes ont été vraiment exceptionnelles avec nous ! C'est d'ailleurs l'occasion de les remercier très sincèrement ! Apprendre à faire des RP Ca, c'est tout un art. Sur ce point, je dois beaucoup à mon passage chez Jimmy Fairly d'une part, et à Céline Lazorthes, la fondatrice de Leetchi d'autre part. Première chose : un mailing en masse ne sert à rien. Deuxième chose : faire des RP prend un temps pas possible. Troisième chose : c'est indispensable. Alors, quelles best practices ? J'ai envie de vous dire : prenez le cours de Céline Lazorthes et Roxanne Varza sur Cup of teach. Mais si vous n'avez pas le temps, je dirais fraicheur, originalité, surfer sur l'actualité, opportunisme et persévérance… voilà la combinaison gagnante. Une fois qu'on a dit ça, on est bien avancé… La chance y est aussi pour beaucoup ! Apprendre à entreprendre Je crois qu'entreprendre, c'est avant tout un état d'esprit. Je savais que j'allais monter une boite avant même de savoir la quelle. Passées les formalités administratives (dont je ne me suis, je l'avoue, pas occupé), on se lance dans le vif du sujet. J'ai récemment réalisé que j'avais fait un choix de vie. J'avais trois rêves : vivre de la musique, vivre en Amérique du Sud, et monter ma boite. J'en ai réalisé un, et j'en suis heureux. Simeplement, j'ai de fait tiré un trait sur les deux autres pour un bon moment. Cela n'a pas été évident à accoter, et j'ai passé quelques nuits à réfléchir la tête sur l'oreiller. Mais au final, je n'ai aucun regret. Et de toute façon, il ne faut jamais rien regretter. Apprendre à ne pas dormir Nous avons vécu des périodes de rush particulièrement intenses dans la période de pré lancement. Un mélange de fatigue et d'euphorie nous animait. Ma chambre ressemblait à un champ de bataille. Pendant des semaines, je ne faisais que venir y dormir quelques heures. Je ne voyais plus mes amis.. je bossais ! Et vous savez quoi ! Je me sentais vraiment bien. Le week-end qui a précédé notre lancement, nous avons passé près de cinquante heures sans dormir. Si bien que nous avons du le reporter d'une journée car quand tout fut enfin prêt, nous n'avions plus de force et avons préféré aller nous coucher. Apprendre à recruter Ça, ce fut un grand moment. Les CV qui arrivent de toute part. Je ne pensais pas en recevoir autant. Des bons, des mauvais. Des lettres de motivation avec des fautes d'orthographe. Percevoir en quelques minutes d'entretien si la personne fera l'affaire, si elle correspond à ce que nous aimerions avoir chez Cup of teach. Sur ce point nous avons eu de la chance. Paul, Anjuli, Paloma et Laetitia ont été des stagiaires exceptionnels. Motivés, sympa, déterminés. Apprendre à manager Cela étant, devenir "patron" du jour au lendemain, ce n'est pas si simple. Or il y a cette question venue d'un stagiaire plein de bonne volonté qui vous fait l'effet d'un réveil s'enclenchant un dimanche matin à l'aube : "et je fais quoi maintenant". C'est difficile de déléguer, de faire confiance. Non qu'on ne veut pas. Simplement, cela suppose de donner des directions claires à la personne qui doit replier une tâche, et ce n'est pas toujours évident. Mais il y a autre chose : avoir des stagiaires, cela fait grandir car cela rend responsable. Je me suis senti responsable d'être là le matin avant eux, de leur donner des choses intéressantes à faire, de les former autant que je le pouvais, de leur faire passer un bon moment, de leur donner envie d'entreprendre, de leur montre que c'était possible. Et franchement, je ne serais pas étonné que d'ici peu, vous les voyiez à leur tour se lancer dans leurs aventures à eux. Il y a encore mille choses que j'ai apprises : tenir un blog, faire du community management, et le paradoxe de tout cela... C'est que je devrai le réapprendre chaque jour. Car ce que j'ai appris de plus important dans tout cela, c'est qu'une entreprise, cela se monte à force de détermination, de persévérance. Le chemin est encore long, mais le plus important c'est que la route est belle !