Jeunes diplômés : quel salaire demander ?

La fin des études est synonyme de recherche du premier emploi. Une question cruciale se pose alors : à quel salaire prétendre ?

Jeune diplômé : quel salaire demander ?

Le plus souvent, les entreprises affichent la couleur sur leurs offres d’emploi, particulièrement en période de crise. Les rémunérations annoncées sont définies dans des grilles de salaires, selon plusieurs critères : poste occupé, grade, niveau de responsabilité, niveau d’études… Le salaire dépend également du secteur professionnel et géographique.

« Quelles sont vos prétentions salariales ? »

Question piège s’il en est, c’est pourtant une phase inévitable de l’entretien de recrutement. Sachez qu’il est d’usage de dire dans cette situation que « le premier qui parle a perdu ». Évitez donc d’avancer directement un chiffre, et demandez plutôt à votre interlocuteur ce qu’il a à vous proposer. Dans tous les cas, la question de la rémunération fait partie des éléments à préparer avant l’entretien. Pour cela, le mieux est de recueillir un maximum d’informations sur l’entreprise, son secteur, sa situation économique, ses perspectives à moyen-long terme… L’idée est de se positionner par rapport au marché. Cette évaluation personnelle doit arriver à un juste équilibre entre « ce que je veux » et « ce que je vaux ». Si le montant a été précisé dans l’annonce, le recruteur peut éventuellement faire l’impasse sur le sujet. Il n’est pas forcément nécessaire de revenir dessus.

Rémunération brute, rémunération globale…

La rémunération de base est toujours annoncée en brut annuel (sur 12 mois ou plus selon les entreprises). Elle peut être assortie d’une rémunération variable, collective ou individuelle, en lien avec la performance et les résultats : primes, bonus, participation et intéressement... Le plus souvent, la rémunération globale est également composée d’avantages complémentaires, comme les tickets restaurant, la mutuelle ou des tarifs spécifiques sur les produits de l’entreprise par exemple. Le calcul est simple pour avoir une idée ce que vous toucherez réellement : le salaire net représente environ 80% du salaire brut. Les offres d’emploi n’indiquent pas toutes les mêmes composantes de rémunération. La plupart du temps, seul le salaire brut annuel ou mensuel est annoncé. Cela permet au recruteur d’avoir un levier d’action lorsque le candidat tente quand même de négocier le montant affiché. Sans complètement entrer dans le jeu de la négociation, il peut alors expliquer au candidat que son salaire brut est assorti d’autres modes de rémunération, faisant pencher la balance en sa faveur. Dans la grande majorité des cas, une tentative de négociation sur un salaire annoncé au départ permettra au mieux de gagner 2 à 3% d’augmentation.

De l’art de la négociation

Si l’offre ne stipule pas les modalités de rémunération, et si l’entreprise n’a pas recours à une grille de salaires, la question sera abordée par le recruteur afin de lancer la négociation. De façon générale, la négociation sur le salaire est le plus souvent ouverte aux postes à responsabilités. La rémunération d’un jeune diplômé sera essentiellement négociée selon le type d’études et l’établissement de formation. Les élèves diplômés de grandes écoles, écoles de commerce et ingénieurs, seront plus favorisés dans la course au salaire que les étudiants issus de cursus universitaires. Concrètement, vous pouvez retrouver la cote des différents diplômes en 2013 avec le salaire moyen annuel brut des jeunes diplômés selon chaque école sur Challenges. Sur Studyrama vous retrouverez les tendances 2014 des salaires par fonction. L’expérience peut ensuite permettre de réduire cet écart. En effet, tout l’enjeu de ce premier poste est d’acquérir une expérience permettant de voir ensuite sa candidature valorisée sur le marché du travail, pour accéder au poste suivant avec des prétentions à la hausse (dans la mesure du raisonnable). La négociation est un exercice délicat où l’on peut vite se prendre les pieds dans le tapis. Certaines erreurs peuvent en effet vous faire perdre prise sur la situation. Dans tous les cas, évitez de donner un montant chiffré de but en blanc. Il est préférable d’annoncer une fourchette de salaire en cohérence avec le marché et les pratiques de l’entreprise. Des prétentions trop élevées vous feront perdre votre crédibilité aux yeux du recruteur.
A l’inverse, ne nous bradez pas non plus,
au risque d’être pris au mot. Si vous avez reçu plusieurs propositions, la mise en concurrence des salaires proposés peut être un atout : le recruteur qui vous veut absolument saura trouver un arrangement pour s’aligner. Enfin, il est nécessaire de garder à l’esprit qu’un salaire se négocie toujours en brut. Réfléchissez à ce que vous souhaitez toucher réellement en fin de mois avant de donner un chiffre. Quoi qu’il en soit, le salaire est un sujet à aborder en fin d’entretien. La plupart du temps, l’entreprise qui vous recrute va vous former pour une durée plus ou moins longue avant que vous ne soyez opérationnel sur le poste. Cette formation a un coût. Il vous sera ensuite nécessaire de faire vos preuves. Comptez au moins un an dans l’entreprise avant de solliciter une augmentation. Quelle que soit votre situation, n’oubliez pas que votre niveau d’embauche aura un impact relatif sur vos prochains postes, mais que votre expérience sera votre meilleur atout pour vous mettre en avant sur le marché du travail.