Too Good To Go, l'appli anti-gaspillage qui te permet de récupérer les invendus des commerçants !

Too Good To Go, l'appli anti-gaspillage qui te permet de récupérer les invendus des commerçants !

Chaque année, la France gaspille près de 10 millions de tonnes de produits alimentaires, soit 317 kg par seconde. Notre portrait du jour est donc Lucie Basch, la fondatrice de l'appli anti-gaspillage Too Good To Go. Elle nous parle de son parcours, de son concept, de ses inspirations et de ses projets, un témoignage inspirant.

Hello Lucie, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques lignes (qui es-tu, quel est ton parcours) ?

Je suis Lucie Basch, j'ai 25 ans et je suis ingénieure centralienne. J'ai démarré ma carrière dans l’agro-alimentaire au Royaume-Uni. J'ai toujours été sensible au gaspillage alimentaire et choquée par ce que j'ai vu dans l'industrie, j'ai donc décidé de mettre mon énergie au service de causes qui ont du sens et j'ai quitté mon boulot pour créer Too Good To Go.

Quel est le concept de Too Good To Go ?

Too Good To Go est une application mobile qui lutte contre le gaspillage alimentaire en connectant commerçants et consommateurs pour sauver leurs invendus de la poubelle à la fermeture. Géolocalisés, les utilisateurs repèrent les commerçants partenaires autour d’eux, payent un petit prix en ligne, et passent à la fermeture récupérer leur « panier surprise », composé en fonction des invendus du jour ! Un concept gagnant-gagnant, pour l’utilisateur qui s’engage au quotidien contre le gaspillage et profite de prix réduits, comme pour le commerçant qui ne jette plus ses bons produits et pour l’environnement !  

Le gaspillage alimentaire est parfois absent des sujets d’actualité alors que chaque année, 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont jetées ou perdues. Est-ce pour cela que tu as eu envie de créer Too Good to Go ? Raconte-nous :)

Mon expérience dans l’industrie agro-alimentaire m’a convaincue d’agir pour réduire le gaspillage. Un soir, je suis passée devant une boulangerie qui jetait de nombreux produits à la poubelle. J’ai eu le déclic. Et si, chaque soir, quelqu'un pouvait passer récupérer ses produits juste avant qu'ils ne soient jetés ? L'idée de Too Good To Go venait de naître ! Le contexte français favorisé avec la loi Garot m’a donné le dernier coup de pouce pour lancer l’application ! Il faut sensibiliser les gens mais aussi leur donner la possibilité d’agir.

Comment tu t’y es prise pour faire adhérer les restaurateurs à ton projet ?

"Quand on croit à son projet, les autres y croient aussi."

Avec beaucoup de persuasion et de détermination. Quand on croit à son projet, les autres y croient aussi. Je me suis entourée de femmes et d’hommes engagés qui ensemble ont pu commencer à sensibiliser citoyens et restaurateurs à la problématique des pertes mais surtout leur offrir l’opportunité de faire bouger les choses à leur échelle. Rapidement le bouche-à-oreille a fonctionné, et le concept n’a cessé de croître depuis.

Quel est le business model de ton entreprise ?

Grâce à l'application nous recréons de la valeur sur les produits qui allaient être jetés et c'est sur cette nouvelle valeur que nous nous rémunérons. Nous prélevons une commission fixe à chaque fois qu'une portion est vendue. Les utilisateurs peuvent également donner 2 euros sur l'application; ces 2 euros constituent une cagnotte avec laquelle nous allons récupérer des invendus auprès de nos commerçants partenaires pour ensuite les redistribuer aux plus démunis.

Est-ce que Too Good To Go a pour objectif de faire changer les habitudes de ses utilisateurs ?

Évidemment ! En plus d’être un bon plan, Too Good To Go a pour ambition de questionner nos modes de consommation. L’application met en place une économie collaborative en connectant directement commerçants et citoyens pour résoudre ensemble un problème sociétal d’ampleur. En achetant des invendus, on limite la surproduction et on fait un geste pour réduire le gaspillage. On insiste beaucoup sur cet aspect, autant auprès des commerçants que de nos utilisateurs (qu’on appelle héro anti-gaspi) !

Penses-tu que lancer sa start-up est plus compliqué lorsque l’on est une femme ? Si oui, comment as-tu réussi à te faire une place ?

Lancer sa start up est un défi, que l’on soit une femme, un homme, un jeune, un plus vieux.. Etre une femme apporte son lot d’avantages et aussi d’inconvénients, mais à l’image de n’importe qui. Je crois que la capacité à réussir dépend des capacités et des envies de chacun. Le genre n’a pas grand-chose à voir là-dedans, il faut croire en soi et se risquer à l’expérience. C’est de toute façon très bénéfique !

Quelles sont les prochaines étapes pour Too Good To Go ?

"Depuis juin 2016, c’est 350 000 repas qui ont évité la case « déchets », la prochaine étape est de faire grossir ce chiffre encore plus !"

Permettre à chaque commerçant qui a une problématique de pertes de pouvoir mettre en place l’application, et à chaque utilisateur qui veut s’engager de pouvoir l’utiliser. L’objectif est de sauver le maximum de repas de la poubelle. Depuis juin 2016, c’est 350 000 repas qui ont évité la case « déchets », la prochaine étape est de faire grossir ce chiffre encore plus !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes qui voudraient se lancer dans un projet ?

Just do it ! Vous n'avez rien à perdre, tout à gagner, et surtout en terme d'apprentissage. Allez-y, lancez-vous ! Si cela fonctionne, vous aurez mené à bien votre projet, construit de toutes pièces, et peu de choses sont aussi satisfaisantes que de réussir dans une aventure qui vous tient à coeur. Si vous êtes finalement amené à arrêter, vous aurez appris tant de choses et rencontré tant de belles personnes autour de ce projet, que vous aurez tout gagné aussi !

Merci Lucie, on espere que ton projet franchira les frontières et en inspirera plus d'un à adopter Too Good To Go :)