Groover, la start-up qui aide les jeunes artistes à faire connaitre leur musique !

Groover, la start-up qui aide les jeunes artistes à faire connaitre leur musique !

Aider les artistes qui veulent promouvoir leur musique et permettre aux médias, radios et labels de trouver des talents émergents, c'est le challenge relevé par Dorian Perron, co-fondateur de la start-up Groover. Quelques années après nous avoir présenté le média musical Indéflagration, Dorian revient vers nous pour nous parler de son nouveau projet qui risque bien de faire du bruit dans la sphère musicale. 

 

Hello Dorian, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques lignes ?

Bonjour à tous !

Pour commencer, j’ai créé en parallèle de mes études à l’ESSEC - dont je suis sorti diplômé très récemment - il y a 5 ans maintenant Indeflagration, un média de musique indépendante et rétro. Je ne connaissais rien au secteur de la musique et la création de ce blog était d’abord et avant tout pour but de passer le temps. J’aimais beaucoup partager des morceaux peu connus et qui méritaient de l’être avec mes amis et c’était l’occasion de faire des tests. Le projet a rapidement pris de l’ampleur - nous sommes maintenant 7 personnes -, nous avons lancé un studio de captation de sessions acoustiques vidéos en 2016 - le Studio Flagrant - et même organisé des concerts.

Il y a 1 an je suis parti à UC Berkeley pour un programme d’entrepreneuriat où j’ai retrouvé Romain (également étudiant à l’ESSEC et dans l’équipe Indeflagration) et rencontré Jonas, étudiant à Polytechnique et Rafaël, étudiant à Dauphine. On a commencé à travailler sur un projet pour aider les musiciens - Jonas et Romain ayant sorti des albums avec leurs groupes respectifs - et c’est devenu Groover, une plateforme lancée en mai dernier et en plein boom actuellement !

Peux-tu nous expliquer plus en détails le concept de Groover ?

Groover, c’est une plateforme qui met en contact les artistes qui veulent promouvoir leur musique et les meilleurs médias, radios et labels en quête de talents émergents.

Pour expliquer plus en détails, Groover permet de connecter les musiciens ou leurs représentants avec des médias, labels et influenceurs, en assurant aux musiciens d’être écoutés et d’avoir des retours précis sur leurs morceaux. Comment ? L’artiste ou son représentant envoie directement un morceau à une sélection de médias, labels, radios de son choix pour 2€ par contact. Chaque influenceur est rémunéré 1€ pour l’écouter et écrire un court retour à l’artiste, qu’il décide ou non de partager le morceau.

C’est simple et ça fonctionne ! Depuis mai, déjà plus de 6000 retours ont été réalisés par les 130 médias et labels actifs sur Groover (dont Délicieuse Musique, Electro Posé, Raje, FrancoFans, Tafmag etc.), ayant conduit à plus de 1500 partages sous formes d’articles, ajouts en playlist etc. 10 artistes ont même signé sur des labels indépendants après les avoir contacté sur Groover, avec le bel exemple de Coral Pink qui sortira son prochain morceau chez Nice Guys (Délicieuse Musique) - interview success story ici

Comment cette brillante idée t’est-elle venue ? Quelles ont été tes sources d’inspiration ?

Ça a germé de discussions entre nous 4 - Romain, Jonas, Rafaël et moi - de part nos expériences personnelles du milieu de la musique, et surtout grâce à 200 longues interviews que nous avons menées auprès de musiciens et professionnels de la musique quand nous étions à Berkeley.

Ce qu’il faut savoir, c’est que 20.000 morceaux sortent chaque jour sur Spotify. Et on ne parle pas des rééditions de Gainsbourg ou Johnny ! S’il est devenu beaucoup plus simple de produire de la musique et de la rendre disponible en ligne, il est d’autant plus compliqué de se faire entendre, de sortir de la masse, et essentiel de passer pour cela par des relais d’influence (médias, labels, radios etc.)

Pour y arriver, les artistes et groupes envoient aujourd’hui des centaines - des milliers même ! - de mails à des médias et labels pour faire connaître leur musique, et ne reçoivent littéralement aucune réponse. Tout ça parce que, de leur côté, les médias et labels sont tellement submergés de demandes qu’ils ont complètement arrêtés de consulter leur boîte mail.

Quel est le business model de Groover ?

  • L’artiste ou son représentant envoie directement un morceau à une sélection de médias, labels, radios de son choix pour 2€ par contact.
  • Chaque média ou label est rémunéré 1€ pour l’écouter et écrire un court retour à l’artiste, qu’il décide ou non de partager le morceau.
  • Groover gagne 1€ par retour réalisé par un média ou label (commission de 50%)
  • Si un média ou label ne fait pas de réponse à l’artiste dans l’intervalle de 7 jours, l’artiste récupère des crédits pour contacter de nouveau un média ou label gratuitement

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées et comment les as-tu surmontées ?

Nos plus gros challenges, que nous relevons bien pour l’instant, sont de :

  1. Convaincre de plus en plus d’artistes et représentants d’artistes que Groover est une solution idéale pour eux pour contacter les médias, radios et labels. Simple, transparente et leur assurant des réponses !
  2. Maintenir un très fort taux de réponse de la part des médias, radios et labels. Ceci passe par faire en sorte qu’ils reçoivent des morceaux qui leur correspondent en termes de goûts. Nous travaillons - en particulier Jonas - sur un système de filtres efficace et des algorithmes de recommandation poussés pour parvenir à suggérer aux artistes les médias et labels qui leurs correspondent.
  3. Garder un lien fort avec les utilisateurs de Groover, être toujours disponibles pour répondre à leurs questions et organiser des événements pour les réunir et rétablir dans le monde réel le contact entre les musiciens et ceux qui peuvent les aider à développer leur projet

C’est le deuxième projet entrepreneurial dans lequel tu te lances, est-ce que tu abordes les choses de la même façon ? Quels sont les enseignements que tu as tirés de ta première expérience ?

Dans un sens oui, et dans un sens pas du tout ! Indeflagration est un projet passion au départ, et il l’est toujours. Il n’avait pas forcément vocation à devenir une entreprise, ne répondait pas un besoin de la part d’utilisateurs, et ne me prenait pas tout mon temps (même si une grande partie de mes pensées).

Au contraire, nous avons dès le départ été très ambitieux pour Groover, notamment parce que nous savons que nous nous attaquons à un gros problème pour les musiciens, et que nous avons à coeur de le résoudre. Nous sommes tous les 4 - et maintenant 8 avec Tim, Max, Jade et Étienne qui nous ont rejoint - concentrés à 100% sur Groover. Donc la passion est là, mais en plus un sentiment de responsabilité beaucoup plus fort et des objectifs hauts. Nous voulons donner le pouvoir aux musiciens de faire découvrir leur musique, en construisant la plateforme de référence pour la promotion musicale et la découverte de talents en Europe.

Dans cette optique, nous avons récemment rejoint le programme d’accélération Techstars Paris, et prévoyons une levée de fonds à partir du début de l’année 2019. La dimension est totalement différente, même si les sujets sont très liés. Ce qui me permet d’ailleurs de continuer de développer Indeflagration, nous organisons même un concert le 5 décembre à l’Olympic Café avec Cloud Castle Lake et Magon - event - billets.

Déjà 2 start-up ! Penses-tu continuer sur cette lancée et devenir un serial-entrepreneur ?

Haha bonne question. Je ne sais pas, j’ai toujours voulu travailler sur des projets qui ont du sens, et entreprendre. Mais je ne sais pas si je monterai 10 entreprises ! Cela dépendra sans doute de l’avenir de Groover et d’éventuelles autres opportunités. Découvrir d’autres problèmes majeurs avec une bonne idée pour les résoudre...

Quelles sont les prochaines étapes pour Groover ? Et Indeflagration ?

Pour Groover, l’objectif est d’atteindre 20.000 envois de morceaux d’ici la fin de l’année, tout en maintenant un fort taux de réponse, c’est très ambitieux ! Nous prévoyons également une levée de fonds pour le début de l’année 2019, avec l’objectif d’étendre notre communautés de médias et labels à d’autres pays européens et au Canada, recruter des développeurs et business développeurs pour étendre notre activité et améliorer la plateforme.

Nous avons également officialisé récemment un partenariat d’envergure avec Radio France (plus d’infos) pour repérer ensemble les talents émergents qui envoient leurs morceaux sur Groover très en avance. Déjà 10 morceaux ont été diffusés sur Fip suite à nos recommandations fondées sur notre analyse des de données de haute qualité générées sur la plateforme. Une belle piste de développement amenée à évoluer dans les mois à venir !

Pour Indeflagration, nous voulons continuer de parler des artistes et morceaux que nous apprécions tout particulièrement, les mettre en avant par le biais de chroniques, de sessions live et de concerts (le prochain est le 5 décembre à l’Olympic Café avec Cloud Castle Lake et Magon !) Groover nous aide à faire de belles découvertes. De belles synergies existent et c’est une chance fabuleuse pour moi de pouvoir continuer Indeflagration en même temps que de me consacrer à Groover.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes qui voudraient se lancer dans un projet entrepreneurial pour les aider ?

Il faut vouloir beaucoup travailler et surtout vouloir résoudre des problèmes ! Pour ça, il faut être proche de ses potentiels utilisateurs, apprendre à les connaître, à faire de leur problème votre problème (si ce n’est pas déjà le cas) et d’avoir autant (et même plus) envie de le résoudre qu’eux. Il n’y a pas de tâches ingrates quand il s’agit d’aider ses utilisateurs, et il faut également être flexible, s’adapter aux demandes, aux nouvelles idées.

En quelques mots simples, les qualités qui me semblent essentielles pour entreprendre avec succès : rigueur dans le travail, flexibilité et ouverture d’esprit, être focalisé sur ses utilisateurs, avoir l’envie.

 

Merci Dorian de nous avoir fait découvrir ta start-up !

Si vous souhaitez en savoir plus sur Groover et soutenir l'équipe de Dorian, on vous donne rendez-vous sur leur site web et sur leurs réseaux sociaux.