Travailleurs handicapés : 5 fausses idées reçues

Travailleurs handicapés : 5 fausses idées reçues

À l’occasion de la 20e édition de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) qui se tient du 19 au 25 novembre prochain, l’Adapt (l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) a souhaité lever le mystère sur le handicap au travail lors de son job dating à Paris lundi dernier. Zoom sur 5 des plus grosses idées reçues et les stéréotypes encore bien trop présents dans le monde de l'entreprise.

"Les travailleurs avec un handicap sont moins compétents"

Ce stéréotype est malheureusement encore bien trop ancré dans les mœurs françaises. Ce qui n’est pas vraiment le cas dans les pays anglo-saxons qui laissent à leurs travailleurs porteurs d’handicap plus d’opportunité pour entrer dans une entreprise. En France, il serait question d’un manque de confiance quant à leurs capacités, tout simplement. Est-ce là une raison ? Non.

Pourtant, des dispositifs pour contrer cette injustice ont vu le jour : les entreprises de plus de 20 salariés au moins doivent compter 6% de travailleurs handicapés, par exemple. Mais ce n’est pas vraiment suffisant pour que les entreprises voient au-delà du handicap… Et quand bien même, il s’agit bien trop souvent que d’un remplissage de quota.

"Les travailleurs handicapés possèdent tous un fauteuil roulant"

Non, "personnes en situation de handicap" ne va pas forcément de pair avec fauteuil roulant. Ils ne représentent en réalité que 2 à 3% des travailleurs handicapés. Serait-il à cause des associations qui mettraient en avant le fauteuil roulant comme symbole du handicap en France ?

"Un travailleur porteur d’handicap coûte cher"

Penser qu’embaucher une personne en situation d’handicap va coûter bonbon en termes d’installation de poste de travail n’est pas forcément la meilleure façon de voir les choses, et encore moins en entreprise. D’après l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), seulement 15% des embauches de personnes en situation d'handicap nécessitent un aménagement de leur espace de travail. Et la plupart du temps, il s’agit simplement d’installer un fauteuil ergonomique, ni plus ni moins.

En plus, cet argument n’est pas valable ni recevable lorsque l’on sait que depuis 2007, l’accessibilité dans les sociétés est devenue une obligation légale.

"Une personne en situation d’handicap est plus absente et s’intègre moins bien"

Détrompez-vous, selon les statistiques (69%), les personnes porteuses d’un handicap seraient en réalité plus assidues que les personnes valides.

Et en ce qui concerne l’intégration en entreprise, essayez encore. Selon un sondage Adia/Ifop de 2009, ce serait même l’inverse ! 88% des salariés travaillant avec des personnes en situation de handicap pensent qu’il est au contraire facile de travailler avec elles.

"Ils donneraient une mauvaise image de l’entreprise"

Cette réaction est plutôt insensée quand on y pense, et elle suit la loi de la peur du handicap et surtout de l’inconnu. Par exemple, si vous entrez dans un magasin de bricolage, vous ne vous attendez pas forcément à être conseillé par Bob le bricoleur, si ? Un client veut avant tout de l'expertise, il veut qu’on le conseille et qu’on l’écoute, que l’échange soit agréable. La capacité physique n’a rien à voir là-dedans. Il s’agit avant toute chose de compétences

On espère que vous en savez dorénavant un peu plus sur la situation d'handicap en entreprise et ce qu'elle implique.