L’expert est celui qui a fait toutes les erreurs possibles

L’expert est celui qui a fait toutes les erreurs possibles
Rendons au physicien Niels Bohr cette excellente définition de l’expertise, me donnant le plaisir de m’autoproclamer « experte en start-up en bootstrapping à équipe très très réduite ». Le fait est que vous pourrez avoir lu tous les articles, livres blancs, conseils d’experts et autres études et analyses sur l’entrepreneuriat, la meilleure école restera toujours celle de vos propres erreurs.

L’expert est celui qui a fait toutes les erreurs possibles dans son domaine

Je savais très bien...cela ne m'a pas empêchée de...mais je sais désormais que...!

Je savais très bien que la seule et unique valeur d’une entreprise qui démarre est son équipe. Cela ne m’a pas empêchée d’accepter que mon associée soit absente de l’entreprise pendant la première année de son activité. Je me disais alors que la start-up pourrait échouer et qu’il était plus sage, pour elle, d’achever ses études plutôt que de les interrompre au risque de ne jamais les reprendre. Je sais désormais que la seule qualité essentielle d’un associé co-fondateur (plus largement de chaque membre d’une start-up), c’est sa présence : que faire en effet d’un excellent associé qui n’est pas disponible ? Je savais très bien que je ne devais pas sous-estimer le temps que prennent les recherches et démarches relatives aux financements avant de parvenir à les toucher. Cela ne m’a pas empêchée de repousser certaines démarches par crainte d’un dossier trop faible qui nous décrédibiliserait, ou par volonté de prioriser les aspects « produit / service ». Je sais désormais que comme pour beaucoup de choses et en particulier les chantiers longs, enclencher le processus le plus tôt possible, quitte à l’améliorer peu à peu, vaut toujours mieux que de le décaler indéfiniment. Je savais très bien que trop se concentrer sur la « big picture » pouvait faire perdre de vue ce que souhaitent vraiment les utilisateurs de mes services. Cela ne m’a pas empêchée de faire des points et ajustements stratégiques très réguliers au regard des évolutions rapides de notre environnement, au lieu de consacrer le même temps de travail à l’exécution des directions précédemment retenues. Surtout qu’au final, les directions retenues se rapprochaient des attentes de nos utilisateurs, non des contraintes de notre environnement, notamment en termes de concurrence. Je savais très bien que la création d’entreprise a ses phases de doutes et d’incertitudes. Cela ne m’a pas empêchée d’être parfois paralysée de peur et extrêmement proche de jeter l’éponge, au détriment souvent de ma santé, de mon sommeil, de mes relations avec mon entourage, en particulier les six premiers mois. Ménagez-vous. Je savais très bien beaucoup d’autres choses, pourtant je n’ai souvent pas respecté les conseils que je donne par ailleurs à d’autres entrepreneurs – un comble, aussi appelé « syndrome de la tête dans le guidon ». Finalement, Beyond Croissant annoncera prochainement ce que je considère comme d’excellentes nouvelles, et ce que je retiens de cette première année de mise en ligne du service peut se résumer en trois conseils simples : 1/ L’équipe, l’équipe, l’équipe, sélectionnée sur les critères suivants : ses motivations profondes au regard du projet, sa disponibilité, et seulement ensuite ses compétences. Les compétences, vous pourrez les développer. En revanche, vous ne pourrez pas vous dédoubler, pas davantage que vous mettre dans la tête d’une personne qui a des aspirations incompatibles voire opposées aux vôtres. 2/ Écoutez vos utilisateurs, vos clients, et n’écoutez qu’eux. Tout le reste est au mieux une meilleure façon de prendre leurs attentes en compte, au pire strictement contre-productif. 3/ Surtout, n’ayez peur de rien. La prise de risques fait partie du jeu, et dans le pire des cas, vous apprendrez quelque chose et le retiendrez bien mieux que si vous aviez suivi quelque formation que ce soit. Sans vous en apercevoir, même quand vous faites cent erreurs par jour, vous ne pouvez que vous améliorer.