8 étudiants, 1 idée en tête : financer un projet humanitaire pour partir en Asie

Le 8 septembre 2012, 8 étudiants de 17 à 20 ans se réunissent en une association baptisée Cap’Asie. Leur but : partir à l’été 2014 en Asie du Sud-est pour se mettre au service d’un orphelinat. Nous vous proposons de suivre le parcours extraordinaire d’Étienne Baudon, président de l'association, et de tous les membres de Cap'Asie. CAP'ASIE, POURQUOI ? "C'est génial d'être parti comme ça, je voudrais faire la même chose." Cette phrase, je l'ai entendue à de nombreuses reprises à mon retour du Burkina Faso. Parti en juillet 2010 construire trois salles de classes dans une école de Gounghin, un petit village à 300km à l'est d'Ouagadougou, j'en reviens avec une idée fixe : j'ai trouvé ma vocation. Mais avant de pouvoir devenir chef de projet humanitaire, tout jeune majeur, je ne résiste pas à l'envie de (re)partir. Et tant qu'à faire, j'en parle à mes amis, ceux qui justement "voudraient faire la même chose". Apparemment, huit d'entre eux ne parlaient pas en l'air. CAP'ASIE, C'EST QUOI ? Cap'Asie : c'est le nom de ce projet. Huit étudiants rassemblés par l'envie de partir 'sur le terrain'. On le sait, on n'a rien de super héros. On ne part pas pour changer le monde, juste aider, un peu. Depuis le 8 septembre, date de notre première rencontre, on a créé une association. Notre devise, "Un sourire sur tous les cœurs". Autonomes, nous avons décidé de monter ce projet de bout en bout, c'est à dire sans le secours ni le cadre rassurant d'une association déjà existante. "Cap'Asie, c'est un défi." L'avantage de notre autonomie réside évidemment dans notre grande liberté. Les choix qu'y s'offrent à nous sont multiples : la destination, d'abord, le projet, bien sûr, mais aussi et surtout les initiatives et partenariats qu'il nous faudra monter pour rassembler le budget nécessaire à notre départ. Partir. À l'été 2014. Vraisemblablement aux Philippines ou en Birmanie. Doucement mais sûrement le projet se met en place. Les partenariats aussi. Une grande enseigne de jouets a déjà accepté de nous faire bénéficier de leur "hotte solidaire" à Noël. Le site participatif d'annonces Eurosolidaire s'est également engagé à nous reverser un euro pour toute annonce postée. Mais l'association associe aussi les enfants d'une école primaire à sa démarche par le don des jouets et des livres dont ils ne se servent plus. Enfin, la compagnie de l'Omnibus présentera les 1er et 10 novembre la pièce Déboires, au profit de Cap'Asie. La communication démarre, elle aussi, sur les chapeaux de roues.Le problème d'une association humanitaire étudiante, c'est sa visibilité. La mise en ligne du site Internet, la tenue d'une page Facebook, d'un compte Twitter mais aussi la présence des membres aux manifestations de leurs quartiers (prochainement la brocante de Balard, à Paris) nous permet de l'améliorer. Résolument laïque, apolitique, Cap'Asie cultive son indépendance. L'absence d'encadrement associatif ou scolaire donne à ce projet toute sa force. Loin d'être gênés par cette émancipation surprenante, on profite de cette large marge de manœuvre pour agir, vite. Responsabilisante, stimulante et passionnante, cette initiative étudiante nous semble plein de promesses. Non sans ignorer l'investissement lourd que nécessite un tel projet, on commence tous cette année avec une idée en tête : convaincre pour partir. CAP'ASIE, C'EST QUI ? Nous sommes huit, nous avons tous entre 17 et 20 ans et nous avons pour point commun notre motivation. Mais la ressemblance s'arrête là : l'un en effet étudie la gestion, l'autre le commerce international, l'autre encore les sciences politiques, les lettres ou le business... Répartis entre Paris, Bordeaux, Londres et Durham en Angleterre, Sixtine, Marie, Mahaut, Victoria, Manon, Paul, Mahaut et moi-même (Étienne), nous sommes conscients de nous engager dans un projet dense mais fou. Rencontrer des gens, découvrir le monde : voilà ce qui m'a motivé pour partir au Burkina. Mais la philanthropie, ça n'existe pas. Je repars parce que j'ai reçu tellement...