Une étudiante française à Barcelone : quel environnement de stage en start-up ?

Une étudiante française à Barcelone : quel environnement de stage en start-up ?
Partir en Espagne et travailler dans une startup, à première vue ce n’est peut-être pas le plan le plus ingénieux pour assurer son avenir. Et pourtant loin des clichés très ancrés sur ce pays, et sur la crise actuelle, mon expérience m’a montrée que beaucoup d’Espagnols, déçus par le système actuel qui leur a causé tant de préjudices, choisissent le plan B : Entreprendre et prendre en main leur destin.

Mon parcours en quelques lignes

Après deux années en Prépa Cachan Eco/Gestion, j’ai intégré Grenoble Ecole de Management (GEM). Après les deux premières années, je suis partie en césure pendant un an aux Éditions Bayard à Paris, en service commercial. Pour ma dernière année, je suis ensuite partie en Double Diplôme à Barcelone, et j’ai intégré le Master in International Management and Sales Management.

Le choix de la startup

Dans le cadre du Master, nous avions la possibilité de suivre moins de cours, et de faire un stage à mi-temps tous les matins. Option que j’ai choisie, en commençant un stage dans un groupe français, présent aussi à Barcelone où je ne faisais strictement rien de mes matinées (Facebook et Twitter, merci d’exister, vous m’avez sauvée de la dépression). Au bout d’un mois et demi à me lever tous les matins pour ne rien apprendre, j’ai commencé à chercher ailleurs, et puis j’ai rencontré le fondateur d’iwanna.travel qui cherchait une stagiaire en marketing. J’ai donc sauté sur l’occasion : travailler en startup, participer au lancement d’un nouveau projet, avoir de l’autonomie et des responsabilités. Quel changement !

L’environnement de travail

iwanna.travel participe à un programme d’accélérateur. Primée pour son projet, l’entreprise a pu s’installer gratuitement, pour une période d’un an dans une pépinière d’entreprises, gérée par la Mairie de Barcelone dans le cadre de son programme d’exécution des politiques de promotion économique. L’entreprise bénéficie aussi d’un suivi par un mentor mais aussi de l’accès à des classes diverses. Nous sommes donc entourée de professionnels mais aussi d’entrepreneurs, de travailleurs, dans la même situation que nous. Ces échanges sont très motivants et permettent de sortir un peu de son projet, d’avoir un point de vue extérieur, d’une personne qui comprend très bien ce que nous vivons. On croise aussi beaucoup d’étrangers, venus d’un peu partout dans le monde. Travailler à Barcelone ce n’est donc pas seulement travailler en Espagne, mais sinon dans un environnement dont le dynamisme est créé par la diversité des profils qui s’y rencontrent.

Le projet iwanna.travel

iwanna.travel permet aux voyageurs de proposer le prix qu’ils sont prêts à payer directement aux hôtels. Au lieu de passer des heures à chercher les promos les plus intéressantes sur le web, le voyageur sélectionne les hôtels qui lui plaisent dans la ville de son choix et leur envoie une proposition. Il se logera ensuite chez le premier qui aura accepté la proposition. Ce projet innovant m’a rapidement plu. Qui plus est, on me proposait de participer au lancement du site et de réfléchir à la stratégie marketing. Lors de ma césure, j’ai eu un poste très opérationnel. Aujourd’hui, j’ai encore de l’opérationnel car forcément, en startup, il faut tout faire. Mais je participe aussi à la mise en place de la stratégie et je suis donc les actions du début jusqu’à la fin. Les processus ne sont pas mis en place, à nous de le faire, de voir si cela fonctionne et ajuster en fonction. Rien n’est fixé, tout est à créer, c’est à la fois stimulant et effrayant.

Une Française dans une startup espagnole

Pour ce qui est de travailler dans une langue étrangère, j’ai bien évidemment besoin qu’un collègue natif espagnol me relise quand je rédige des documents externes. Au sein de l’entreprise, avec un minimum de niveau de langues, il n’y a aucun souci. Qui plus est, Paris étant la ville la plus visitée du Monde, c’est bien pratique d’avoir une petite Frenchy dans l’entreprise pour appeler les hôtels. Au final, pour ce qui est de la culture d’entreprise, je pense que la culture startup est un peu transfrontalière. En Espagne, en été, beaucoup d’entreprises proposent à leurs employés de finir à 15/16h à cause de la chaleur. En start-up, il y a tellement à faire que la question ne se pose même pas. Si vous adorez la plage, il vaut mieux vous diriger vers un grand groupe.
Travailler en startup c’est se poser beaucoup de questions, se remettre en question à longueur de temps pour mieux se connaître et réussir à se dépasser. Mise à jour : Elsa a désormais quitté l'aventure iwanna.travel après plusieurs mois de découvertes et apprentissage.