eShipp : 3 jeunes simplifient les échanges entre la France et la Polynésie

eShipp : 3 jeunes simplifient les échanges entre la France et la Polynésie
C'est l'histoire de 3 jeunes, venant d'horizons différents mais avec une passion commune : le digital et les voyages ! Et c'est ce point commun qui les a rassemblés pour créer, en 2015, une start-up qui révolutionne les échanges entre la France et la Polynésie française : eShipp. Découvrez sans plus attendre ce concept novateur, de l'idée à sa concrétisation. Hello Elsa, dis-nous un peu, qui se cache derrière eShipp ? Nous sommes trois à travailler sur eShipp. ♦ Moi-même, Elsa, co-fondatrice et Présidente : Bientôt diplômée d’Audencia (spécialisation entrepreneuriat) et diplômée en entrepreneuriat à UC Berkeley, je suis la CEO et co-fondatrice d’eShipp. En parallèle, je travaille chez EY en tant que consultante en innovation digitale. Je prends en charge les décisions stratégiques concernant eShipp ainsi que le business development, notamment grâce à la mise en place de partenariats commerciaux. Mon objectif principal et quotidien est de faire grandir eShipp et d’atteindre les objectifs stratégiques que nous nous sommes fixés. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat ♦ Karl, co-fondateur et développeur : Web développeur à son compte, Karl est à l’origine de nombreux projets digitaux ambitieux en Polynésie Française. Il a rejoint le projet au stade embryonnaire et a co­fondé eShipp avec moi. Karl s’occupe de tout l’aspect technique du projet : développement, design, serveurs,  sécurisation et gestion des données. Il a développé eShipp de A à Z, sans utiliser de framework. Basé en Polynésie Française, c’est également lui qui représente eShipp dans cette partie du monde. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat ♦ Marion, chargée de marketing et communication : Marion a rejoint eShipp peu après le lancement du site. Je l’ai rencontré à l’occasion de notre spécialisation en entrepreneuriat à Audencia, le feeling est tout de suite passé et nous a motivé  à faire grandir eShipp ensemble. Marion m’a d’abord aidée en apportant un éclairage nouveau, un certain recul grâce à son regard extérieur et son expertise en communication, elle facilite ainsi les choix stratégiques et commerciaux. Marion gère toutes les problématiques liées à la communication : c’est elle qui démarche les partenaires, anime la communauté d’eShipp sur les réseaux sociaux, retravaille le contenu textuel et visuel de la plateforme ainsi que de nos supports de communication. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat Toute l’équipe est mue par une passion commune pour les innovations digitales et… les voyages ! eShipp est notre bébé, on l’adore ! Qu’est-ce qui t’a poussé à entreprendre alors que tu étais encore étudiante ? eShipp est une idée que j’ai eu en 2013, un matin, dans le tramway. Pour des raisons que j’ignore encore aujourd’hui, je ne lui avais pas donné la chance de voir le jour. Début 2015, je déjeunais avec Marjolaine à Berkeley, j’étais alors en échange universitaire et elle, en voyage avec son incubateur. Je lui ai parlé de mon idée et elle m’a demandé « et alors pourquoi tu ne te lances pas ? ». Comme je n’avais pas de réponse… je me suis lancée ! Marjolaine est la fondatrice de JAM et la grande-sœur de ma meilleure amie, cette fille est un véritable exemple ! Tu as effectué une partie de tes études en Californie, en quoi cela t’a aidé pour la concrétisation de tes projets ? L’état d’esprit entrepreneurial qui règne dans les alentours de la Silicon Valley. Tous les amis américains que je me suis fait avaient un projet entrepreneurial ! La vision française de l’entrepreneuriat est plus frileuse : quand on parle de son idée en France, les gens pensent d’abord aux risques et aux freins. En Californie les gens sont plus enthousiastes et sont convaincus que tout est possible. Je ne sais pas si c’est ça le rêve américain, mais en tout cas là-bas, on a l’impression que tout le monde peut réussir. C’est plus motivant ! Par ailleurs, c’est un environnement baigné par les innovations, c’est très stimulant. Mais j’ai l’impression que ça devient comme ça également en France, donc c’est positif. Quel est le concept de eShipp ? eShipp est un site Internet qui permet une livraison sécurisée et garantie entre particuliers. eShipp donne accès aux acheteurs à des produits auxquels ils n'auraient pas accès autrement, si ce n’est en prenant l'avion et en allant les acheter sur place eux-mêmes (produits non livrés ou non vendus là où ils habitent), et permet aux voyageurs de gagner de l'argent en livrant ces produits. La transaction est entièrement sécurisée tant au niveau du produit qui est transporté que de la garantie du paiement : le produit transporté est neuf (avec facture à l’appui) et le voyageur est certain d'être remboursé car le paiement de l'acheteur est conservé en ligne jusqu'à la remise du produit en mains propres. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat Qu’est-ce qui vous a inspiré pour lancer ce concept de livraison communautaire ? La naissance d’eShipp provient d'un constat lié à mes expériences personnelles. J’ai grandi la majeure partie de ma vie à Tahiti (mais aussi à Mayotte et à la Réunion), avant de m’installer en France pour mes études. Pendant mes études, j’ai pris conscience de plusieurs points : nombreux sont les produits introuvables dans le commerce en Polynésie et nombreux sont ceux qu'on ne peut pas faire livrer non plus. Les demandes abondent sur les réseaux sociaux pour trouver un voyageur qui pourrait ramener tel ou tel bien. Et, en parallèle, les tahitiens qui vivent en France ne peuvent eux non plus se procurer aisément les produits qui leurs sont chers. eShipp a donc la volonté de formaliser la pratique informelle, déjà existante, de la livraison collaborative par une plateforme sécurisée, permettant aux acheteurs d'avoir accès à des produits de l'étranger, introuvables là où ils habitent, sans risque, et aux voyageurs qui les leurs ramènent de gagner de l'argent en prenant l'avion. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat Quel est votre business model ? A l’heure actuelle nous prenons une commission sur chaque transaction (un pourcentage du prix du produit transporté). Nous sommes en train de développer une autre ligne de services en parallèle, pour laquelle le business model sera un peu différent. Comment vous êtes-vous financés lors de vos débuts ? Avec nos fonds propres ! C’était volontaire : avant d’aller à la rencontre des investisseurs nous souhaitions avoir un produit fini, fonctionnel et qui réponde à un véritable besoin (prouver qu’il y ait bien un marché derrière en sommes). Mais nous n’avons pas eu besoin de faire d’investissements conséquents, dans la mesure où Karl, le développeur, est associé dans l’équipe. De quelle manière comptez-vous vous faire connaître ? Pour l’instant, nous avons essentiellement communiqué via la presse (écrite, en ligne et radio) et sur les réseaux sociaux. Nous participons également aux événements dédiés à l’Outremer et à la jeunesse ultra-marine afin de toucher directement notre cœur de cible et d’établir des partenariats intéressants. Ces événements sont aussi l’occasion de pitcher notre projet devant plus de gens et d’obtenir des retours nécessaires, c’est ainsi que nous avons gagné le Prix du Public lors du Mash Up à Assas, le 27 janvier dernier. Mais le travail effectué jusqu’à présent nous a permis de déjà bien nous faire connaitre, ce qui s’est notamment vu dans le nombre d’inscriptions ! Avez-vous des concurrents ? Comment vous différenciez-vous de ces derniers ? Nous avons effectivement des concurrents ! C’est positif, cela signifie qu’il y a un marché, bien qu’il soit encore peu mature. Nous nous différencions par notre stratégie : nous nous positionnons au départ sur un marché de niche afin de valider le produit avant de l’étendre à d’autres destinations. Et, il faut le préciser, à l’heure actuelle nos concurrents ne proposent, en pratique, aucun transport de produit entre la France et les territoires francophones, tels que la Polynésie française, les Antilles etc. eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat Par ailleurs, au niveau du fonctionnement, eShipp permet une double interaction des utilisateurs. La différence se fera également sur la nouvelle ligne de services, que nous sommes en train de développer. eShipp est également une start-up engagée dans le monde associatif (Jeunesse Outremer), peux-tu nous en dire plus ? En effet, eShipp a été contacté par la dynamique association Jeunesse Outremer. En plus d’en être un membre actif, nous avons également établi un partenariat avec cette association, notamment en matière de communication. C’est important pour eShipp de rester proche des acteurs de l’Outremer, cela reste son identité, ses origines. Par ailleurs, en Outremer le besoin d’un service de crowdshipping est grand, et c’est pour cette raison que ceux sont les premières destinations vers lesquelles eShipp s’ouvrira. En plus, en ce qui me concerne, avant d’habiter à Tahiti, j’ai habité à Mayotte et à la Réunion, donc c’est toujours agréable pour moi de fréquenter des insulaires ! Quels sont vos futurs objectifs pour votre start-up ? Grandir, s’étendre, se développer ! Notre développement passe par plusieurs aspects : tout d’abord, s’étendre géographiquement en nous ouvrant rapidement à d’autres territoires d’Outremer afin de faciliter la vie de toujours plus d’ultramarins, de faire grandir le nombre d’inscrits sur le site et le nombre de transactions effectuées. En parallèle, nous souhaitons mettre en place le plus tôt possible la nouvelle offre B2B que nous développons actuellement ! eShipp, plateforme communautaire, start-up, jeunes, étudiants, entrepreneuriat As-tu une phrase fétiche à partager qui te motive dans ta vie d’entrepreneur ? « Do things ! », c’est un des slogans qui est dit quand on passe son niveau 1 de plongée PADI. Au début, je trouvais que ça ne voulait pas dire grand-chose. Mais j’ai changé d’avis parce que, aussi simple que cela puisse paraître, « faire des choses » n’est pas forcément une évidence ! Alors « do things ! ». Merci Elsa de nous avoir partagé votre aventure remplie d'exotisme ! 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