Pour entreprendre, soyez différent

Pour entreprendre, soyez différent
Vous connaissez le Kansas City Shuffle ? Le Kansas City Shuffle c'est quand tout le monde regarde à droite et que vous allez à gauche. Et ben l’entrepreneuriat c’est pareil. Quand certains voient de l’innovation, moi je vois l’esprit de contradiction. Appelez-ca comme vous voulez. Ce plaisir d’être différent, d’exprimer une individualité permet d’exister. Et puis c’est bien connu, s’ennuyer c’est mourir doucement. Alors même si le rabbin disait : le premier qui te traite de cheval met-lui ton poing dans la gueule, le second qui te traite de cheval traite-le de con, mais le troisième qui te traite de cheval, eh bien là il est peut-être temps d'aller te payer une selle. Je ne suis pas d'accord. J’ai même envie de lui proposer de se mettre à l’équitation, ou même mieux à l’escalade. Voila le nerf de la guerre dans tout projet entrepreneurial : affirmer une différence amène à un conflit intellectuel avec soi-même, puis les autres. Porter et assumer cette différence, cette solitude de la conviction au quotidien qui vous colle aux baskets ou au contraire qui vous porte très haut. Voilà la vraie question de l’entrepreneur. Je me permets d’égratigner aux passages les grandes institutions d’enseignements du supérieur, et plus particulièrement en commerce (pour ne pas parler directement de ce grand bâtiment derrière la gare). On vous enseigne d’une part à vous différencier, que le progrès et le succès viennent de l’innovation de rupture, mais lorsque vous choisissez une autre voie, on s’empresse de faire feu de tout bois sur vos convictions à contre courant. Mais on ne peut accuser seulement ces institutions qui préparent à la vie professionnelle, les systèmes de recrutement et les entretiens d’embauche sont pour moi les rouleaux compresseurs à idées les plus formidables de notre jeune millénaire. A titre d’anecdote (vécu), j’ai un ami qui rentre d’un tour du monde formidable de 8 mois. Il a sillonné la planète d’est en ouest, vécu mille choses, rencontré des centaines de gens. Il est rentré plus fort et plus grand. Pourtant il doit aujourd’hui cacher cette ligne sur son CV sous peine de se voir qualifier au mieux « d’instable » au pire « d’inemployable ». Il a même dû inventer une expérience de stage pourrie dans une SSII en carton. Ca me rebrousse le poil et me file des sueurs froides. Tiens bien que de l’écrire je m’énerve tout seul. De la différence naît la richesse. La richesse des hommes, la richesse des idées et des points de vue. De bonne humeur en cette nouvelle année, je partage avec vous notre conviction chez ClimbStation. Et puis ca fait du bien de l’écrire à nouveau. Je pense que tout le monde devrait écrire ces pensées et contradictions intimes, ca permet de mieux les assumer. Alors voila : quand tout le monde voit l’escalade comme un sport extrême, nous on raconte que l’escalade ce n’est pas que des inconscients qui partent le couteau entre les dents et la bave aux lèvres pour jouer les funambules des cimes. Alors mes demoiselles, surprises ? Oui, on peut avoir une pratique complète, ludique et sans vertige de l’escalade. Oui, on peut avoir une approche de l’escalade qui soit celle de la remise en forme. Cuisses, abdos et fessiers ne sont pas nécessairement des tabous du jargon. Oui on peut avoir le vertige et s’initier à la délicatesse de ce mouvement qui hisse le corps et l’esprit vers le haut, laissant les absurdités des soucis du quotidien au sol. J’écrivais dans mon article précédent que la sérendipité était la clé du travail. J’avais tort. Il y en a une autre : le courage. Le courage en tant que forces émotionnelles qui impliquent l’exercice de la volonté pour atteindre les buts que l’on s’est fixés, malgré les obstacles internes et externes. Ca c'est une putain d'histoire. Charlie Chaplin a voulu participer à un concours de sosie à Monte-Carlo, il a terminé 3ème. Ca c'est une sacré histoire. Là il s'agit d'autre chose. NB : Des répliques du film Slevin se sont glissés dans cet article, saurez-vous les trouver ? Un film super inspirant avec un casting d’enfer : Josh Hartnett, Bruce Willis, Lucy Liu et Morgan Freeman. A voir. Et puis bonne année à tous quand même, de la santé, du bonheur et de la réussite !