Comment choisir ses associés ? L'avis d'une jeune entrepreneuse

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) diplômés souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat et « monter une start-up » afin de suivre les modèles de réussite que sont Facebook ou Airbnb. Ces entrepreneurs en herbe se disent : « pourquoi pas moi ? » Mais quel est le point commun entre toutes ces belles réussites ? Une association parfaite de profils complémentaires avec des compétences bien distinctes… bon, et aussi une bonne idée. Je ne vais pas revenir sur les bonnes raisons et les moyens de trouver un super associé-développeur : ce sujet a été abordé ici et ici. Cependant, trouver LE profil technique pour développer le produit dont vous avez toujours rêvé n’est à mon sens pas suffisant. Beaucoup de start-up mettent la clé sous la porte à cause d’une mésentente entre associés et d’une différence majeure dans la vision du développement de l’entreprise. Je vais faire part de mon vécu et de ce que j’ai pu voir et entendre autour de moi sur les problématiques d’association. Concernant mon expérience Piwink, nous sommes 3 associés aux profils très variés. Je suis moi-même plutôt commerciale avec des compétences techniques pouvant se résumer à savoir ouvrir Firebug ou un éditeur de texte. L’équipe est ensuite composée d’un développeur et d'un designer UX. J’ai eu la chance de les rencontrer à Hétic, une école spécialisée dans les métiers d’internet où tous les étudiants ont des profils différents et des compétences complémentaires. Durant la dernière année d’étude, nous avons eu l’opportunité de mener un projet de business plan ensemble ce qui nous a permis de bien nous connaître avant de se lancer dans la « vraie vie ». Selon moi, s’associer pour monter sa boite est comme un mini mariage. Il y a trois points indispensables et qui sont le socle d’une association réussie : - La même vision à moyen et long terme - Les mêmes valeurs - Une entente parfaite (au moins au début !) Les associés, en plus d’avoir des talents différents utiles à la start-up, doivent s’épauler, se soutenir, partager les joies et les défaites. Bref, vos associés deviennent en quelque sorte votre deuxième famille puisque vous avez décidé d’avoir un « enfant » ensemble et de l’élever ensemble, le voir grandir, gérer sa crise d’ado, le voir quitter le nid (un jour peut être si vous décidez de vendre). Au départ, je connaissais bien mes associés pour avoir déjà travaillé avec eux sur des projets exigeants et chronophages mais nous n’étions pas amis pour autant. Nous aimions travailler ensemble et nous avions la même envie profonde de produire quelque chose et de travailler pour nous. Notre amitié s’est construite au fur et à mesure, après avoir passé des heures à élaborer le business plan, définir les fonctionnalités et refaire sans fin les maquettes de notre service. Notre entente s’est donc construite sur des bases de travail et non l’inverse. Beaucoup s’associent avec des amis pour ensuite se demander comment ils vont développer leur produit. Cela doit fonctionner pour certains mais dans notre cas cela n’aurait pas été la meilleure solution. La création d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille et seule la confiance portée à ses associés compte dans les moments de doute et de remise en question.