Dossier Spécial Startup Weekend / Toronto VS Nantes : quelles différences ?

Dossier Spécial Startup Weekend / Toronto VS Nantes : quelles différences ?
Par notre super envoyée spéciale au Canada, Bénédicte, que vous pouvez trouver également sur son blog Au cours de ces derniers weekends, des Startup Weekends ont lieu un peu partout dans le monde. Pour les newbies qui ne connaitraient pas le principe, les Startup Weekends sont des évènements qui ont lieu durant tout un weekend (OH !), du vendredi soir jusqu’au dimanche (54h), pendant lesquels des équipes ont pour objectif de créer des startups (le nom Startup Weekend a donc été bien trouvé, vous le constatez par vous même). I – Les Startup Weekends, késako ? Le leitmotiv des Startup Weekends ? > No Talk, All Action. Qui participent aux SW ? > 3 catégories de participants sont généralement effectuées : les développeurs, les designers, et les “non techniciens” (marketing, business dev, etc.). Les participants sont généralement attirés par l’écosystème web et les startups mais pas que, puisque pas mal de participants s’inscrivent tout simplement pour contribuer à un projet de création d’entreprise, acquérir des compétences ou mettre ses compétences au profit d’un projet… Enfin, je pense que beaucoup de participants aux SW viennent pour être au cœur d’une émulation collective et d’une effervescence qu’on retrouve nulle part ailleurs (54h pour créer une startup, ça crée évidemment du stress, des doutes, du rire, des rencontres…). Comment se déroulent les SW ? > Les participants qui le souhaitent viennent présenter leur idée (on appelle ça “pitcher”) en une minute maximum aux autres participants. L’objectif premier pour le pitcheur est de convaincre les participants que son idée est la meilleure, de rassembler des forces vives autour de son projet afin qu’il soit gardé pour le reste du weekend et d’en faire naître une véritable startup. Suite aux pitchs, les participants du SW votent pour leurs 3 projets favoris. Les voix sont comptabilisées et les projets réunissant le plus grand nombre de votes ont la chance d’être développés tout au long du weekend grâce à une équipe (le nombre de projets retenus dépend du nombre de participants : 12 à Nantes, 22 à Toronto par exemple). Les participants choisissent alors les projets auxquels ils veulent donner vie. Vous l’aurez compris, certains participants ayant pitché leur idée se retrouvent donc par la force des choses à travailler pour un autre projet que le leur (puisqu’il n’a pas été sélectionné). Mais ici, je crois qu’il n’y a pas de meilleur credo que “l’essentiel est de participer” car la motivation des pitcheurs n’est pas atteinte par ce premier échec ! Cela ne les empêchera pas de se donner à 1000% pour un autre projet… Une fois les équipes formées et équilibrées en terme de compétences (l’idéal est évidemment d’avoir des développeurs et des designers au sein de chaque équipe afin que la startup puisse avoir les atouts nécessaires à son développement), c’est parti pour le reste du weekend ! Brainstorming et travail de longue haleine sur la cible du projet, la stratégie d’acquisition, la création de valeur de la startup et le business model, le mix-marketing, le design… Toutes les étapes clés de la création d’entreprise sont condensées en un weekend ! (du pourquoi du comment de l’émulation collective ;)) L’objectif final est de présenter le travail effectué pendant son weekend à un jury et de convaincre ce jury constitué d’entrepreneurs et d’investisseurs de la valeur du projet. En 5 minutes, il faut démontrer le potentiel de la startup dans sa globalité : innovation de produit, marché, revenus… Tout ça pour quoi ? Vous me direz : “Vouloir payer pour travailler un weekend, il faut vraiment être fou ! Moi je préfère regarder des séries dans mon canapé en mangeant des gâteaux”. Mais si les Startup Weekends ont tant de succès partout dans le monde, c’est qu’il y a une raison (voire même plusieurs :P) : ils permettent de vivre une expérience collective sans précédent (management d’équipe, etc.), d’avoir un retour en direct sur la faisabilité de son projet grâce au jury, et évidemment : le prestige d’avoir convaincu des investisseurs et entrepreneurs et d’avoir réussi un véritable challenge en un weekend (alors que le challenge de votre weekend à vous était de vous motiver à tondre la pelouse). Et ce n’est pas tout puisque quelques startups qui ont remporté des SW parviennent à pérenniser le projet par la suite et à créer des emplois. En revanche, il est clair que ce n’est pas parce que le projet ne figure pas parmi les 3 vainqueurs qu’il n’est pas qualitatif et ne peut pas être pérenne. Le jury qui détermine le trio gagnant peut également se tromper et se laisser influencer par la qualité d’un pitch au détriment de la faisabilité du projet. Enfin, pour voir à quoi un SW ressemble en images, voici la vidéo réalisée par Antoine lors de ce SW Toronto 12 ! II – Nantes VS Toronto Après ce petit espace publicitaire consacré aux Startup Weekends, je tenais à faire une petite comparaison de deux Startup Weekends auxquels j’ai pu assister : les 3 SW de Nantes et le SW Toronto 2012. A noter que je n’ai pas participé à ces SW : contrainte de travail ou autre pour ceux de Nantes, et celui de Toronto était complet lorsque nous avons voulu nous inscrire Antoine et moi. Pour celui de Toronto qui a eu lieu ce weekend, nous nous sommes inscrits en tant que bénévoles. Un bon moyen de rencontrer du monde, de mettre un pied dans le milieu du web canadien et de découvrir comment ça se passe ici. Voici donc deux Startup Weekends, chacun à l’autre bout du monde, avec leurs points communs et leurs différences. Tout d’abord, je tiens à préciser que cet article n’a pas pour but de faire des jugements de valeur. Pas question ici d’annoncer quel Startup Weekend est le meilleur, je n’ai pas la prétention de m’autoproclamer Maître des Startup Weekend. Je vais tenter de comparer les lieux, les ambiances, les usages, les pitchs… et éventuellement d’en faire ressortir des différences entre la France et le Canada (et ce, de la manière la plus objective possible). Étant nantaise, il va m’être difficile de ne pas prendre naturellement partie pour Nantes ! ;) État des lieux : Nantes : 300 000 habitants pour la municipalité 900 000 habitants pour la métropole Écosystème numérique : Hyperactive, Nantes est la deuxième ville du numérique en France après Paris notamment grâce à Atlantic 2.0 qui fédère 230 entreprises du secteur. La Startup Factory mise en place en partenariat avec Atlanpole, l’incubateur régional des Pays de la Loire, permet à 8 jeunes pousses de bénéficier d’un accompagnement pendant 6 mois. La Cantine organise des évènements liés au web et à l’innovation numérique 3 fois par semaine et offre un espace de coworking très convoité. De très jolies startups : Lengow, iAdvize, DoYouBuzz, Clever Cloud, Direct Optic… Toronto : 2,6 millions d’habitants intra-muros 6 millions pour la métropole Écosystème numérique : Extreme Startups, le premier accélérateur du Canada : http://www.extremestartups.com/ Près de 700 startups dont certaines sont connues mondialement : Kobo, 500px, Hootsuite. Une dizaine d’espaces de coworking (que j’espère tester très bientôt !) Évidemment, Toronto et Nantes ne jouent pas dans la même cour en terme de taille ! Les gagnants des Startup weekends de Nantes et de Toronto des années précédentes : Nantes : 2012 : Spark Me 2011 : SWNA 2 : Storiiz // SWNA 1 : AVoter Toronto : 2012 : Group Notes 2011 : Vizualize Me 2010 : Task Ave Les participants : Nantes : 80 participants au dernier Startup Weekend. 12 équipes constituées. Toronto : 200 participants au dernier Startup Weekend. 22 équipes constituées. Le nombre maximal de participants à été atteint pour Nantes et Toronto cette année. Les lieux : Le Startup Week end de Toronto avait lieu dans les bureaux de la société The Working Group. Des bureaux gigantesques au cœur du quartier des Startups de Toronto, mais qui paraissent bien petits lorsque les 200 participants y sont réunis. Voyez un peu : Les participants travaillent tous dans la même salle. Les idées fusent, mais il faut bien avouer que le bruit aussi ! ;) Quelques salles privées sont disponibles à tour de rôle pour bénéficier d’un peu de confidentialité et de calme à certains moments. A Nantes, c’est dans la célébrissime Cantine Numérique que tout se passe. En plus d’être un lieu magnifique, les participants ont la chance de pouvoir travailler dans des conditions optimales puisque les entreprises de la Halle Madeleine mettent leurs locaux à disposition de l’évènement : chaque équipe dispose donc quasiment d’une salle pour mener à bien son projet de startup. Les pitchs d’entrée : Nantes : Si mes souvenirs sont bons, une trentaine de pitchs d’entrée avaient été effectués au dernier SWNA. Toronto : Pas moins de 67 pitchs d’entrée ont été réalisés. Autant vous dire que cette phase est assez longue et que l’organisation est presque obligée de décourager les participants à pitcher en disant “Ne venez pitcher que si vous êtes sûr de vous !” (d’ailleurs, je ne suis même pas sûre que cela ait découragé des gens pour autant !). Impressionnant de voir une file d’attente prenant les 3/4 de la longueur de la salle ! Votes : A Nantes, les votes pour les pitchs d’entrée se font grâce à des Post-its. D’ailleurs, j’adore ce moment où tout le monde tente de convaincre tout le monde que son projet est le meilleur et où les murs de la Cantine sont recouverts de papiers rose et jaune. A Toronto, point de Post-its mais une web app pour voter (plus facile pour gérer les votes de 200 participants). Ça crie et bouge également dans tous les sens et chacun essaie de convaincre de l’utilité de son projet pour avoir une équipe mais la seule différence est que les votes se font en ligne et les participants votent pour leurs trois projets préférés. A la fin des votes, les statistiques des votes s’affichent sur l’écran et permettent de voir les projets qui ont eu le plus de succès. Les trois meilleurs pitchs ayant récoltés le plus de suffrages remportent des cadeaux : une tablette Surface pour le premier, un iPad mini pour second, une Nexus pour le troisième… De quoi encourager et satisfaire les pitcheurs ! Les projets Je ne vais pas vous lister ici les 22 projets du Startup Weekend Toronto (ils sont disponibles en ligne) mais voici la liste des projets que j’ai préféré dès les pitchs d’entrée : - FlyShortCut : Plateforme qui permet d’économiser sur ses billets d’avion grâce à un système très ingénieux : le participant, grand voyageur, nous a donné son astuce pour gagner près de 30% sur ses billets : chercher des billets d’avion où l’escale est en réalité la destination finale. Le prix du billet d’avion chute en effet dès qu’il y a une escale. L’utilisateur prend son avion mais s’arrête lors de l’escale (qui est sa destination finale) et ne prend pas le trajet final (le seul inconvénient de ce procédé est qu’il ne faut pas avoir de bagages en soute ;)). - Milk : Je suis vraiment tombée sous le charme de ce projet dès le pitch d’entrée. Milk est une solution e-commerce qui permet de s’abonner à la livraison de produits que l’on utilise toute l’année et à intervalles réguliers. Exemple : dentifrice, gels douche, papiers toilettes, etc. Vous planifiez la livraison, recevez vos produits chez vous et ne risquez plus de panne de quoi que ce soit ! (que celui qui n’a jamais eu de panne de dentifrice me jette la première pierre…) En revanche, il faut vraiment beaucoup de volume pour que ça marche mais l’idée est sympa. - MenuSnyper : Application mobile qui recense les plats de restaurants qui peuvent être mangés par les personnes allergiques (Gluten, Arachide, Lactose…). Une application facilitant vraiment la vie des allergiques ! - Dirt : Plateforme web qui permet de suivre en temps réel les constructions de projets immobiliers dans une ville ou quartier, le prix de vente, et les avis sur les biens immobiliers. Excellent pour ceux qui souhaitent investir… Les gagnants : Deux de mes petits préférés se sont hissés sur le podium (Milk et FlyShortCut). 1) Group Notes : Outil cross browser très malin pour faciliter le travail de groupe (et dieu sait qu’il m’aurait été très utile il y a encore quelques mois). Group Notes permet aux élèves, étudiants, professeurs de faire des annotations sur les sites qu’ils visitent et laissent ces annotations visibles pour les autres membres du groupe. Ce qui permet de savoir quels sites ont déjà été visités et annotés par les membres de son groupe et de ne pas perdre de temps. Group Notes a marqué beaucoup de points lors de son pitch final en annonçant qu’en un weekend ils avaient déjà gagné 440 $ grâce à la souscription de quelques clients (professeurs notamment). 2) FlyShortCut Un pitch INCROYABLE. Rarement vu une présentation de cette qualité, mêlant aisance, humour et compréhension facile du projet et de sa valeur. En voici d’ailleurs le pitch (à voir absolument pour ceux qui veulent prendre une petite leçon de présentation en public !!!) 3) Milk Le pitch final en vidéo : Ce que j’en ai retiré - J’ai remarqué que des projets de plateformes de mises en relation sont proposés pratiquement à chaque SW (lors de ce SWToronto : mise en relation entre les propriétaires d’imprimantes 3D et les utilisateurs…) et aucun n’a jamais gagné. Au niveau des tendances, beaucoup de projets d’applications mobiles mais aucun ne figure parmi les vainqueurs. A de nombreux SW, des projets dans le domaine du tourisme sont proposés avec comme ligne de conduite améliorer l’expérience du voyageur et “faire mieux que TripAdvisor” (j’ai l’impression que TripAdvisor est un peu le grand méchant loup de toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin dans le tourisme sur le web). Le voyage, ça fait rêver, c’est clair, mais la difficulté pour tous les sites e-tourisme est d’acquérir des utilisateurs et d’avoir du contenu. Sans contenu, pas de référencement et pas d’utilisateurs, et sans utilisateurs, pas de contenu. Difficile donc de se démarquer rapidement. Je pense que le marché est désormais beaucoup trop éclaté pour vouloir lancer un site e-tourisme lors d’un SW, faire du volume sera pratiquement impossible et le business model sera difficile à trouver. Voici les différences les plus importantes entre les SWNA et SWToronto que j’ai pu observer : - Globalement, nous avons assisté à Toronto à des pitchs de très grande qualité. Non pas que les présentations nantaises soient médiocres mais les participants torontois semblent beaucoup plus familiarisés avec l’oral et plus à l’aise dans l’intégration de l’humour dans leur présentation. - Une démo du produit était effectuée pratiquement à chaque pitch final ! (et certains ont terminé intégralement leur projet : c’est notamment le cas de Group Notes, FlyShortCut, MadeMyDay, Ampersand…). Il y a à ce niveau une grosse différence avec les participants nantais (français ?) même si j’ai l’impression que cette année, beaucoup avaient fait un effort pour présenter une démo. - Très peu de questions de la part du jury à Toronto (1 ou 2 grand maximum) contrairement aux éditions nantaises. Globalement, peu de questions sur les business models (qui ont été généralement très bien expliqués dans les pitchs). J’ai eu l’impression que le jury était moins tatillon sur la rentabilité du projet et sur les chiffres que les jurys nantais (ce qui peut se comprendre car les business plans se réalisent rarement comme ils ont été prévus sur papier… Ce serait bien trop beau !). Le jury a tendance à être positif, à plus féliciter et encourager les participants après les pitchs finaux, ce qui est, dans mes souvenirs, assez rare à Nantes… - J’ai remarqué que les pitchs canadiens s’étendaient beaucoup moins sur le marché pour d’avantage détailler la création de valeur du projet. Et à mon humble avis, la démarche est pertinente puisque c’est la valeur créée par le projet qui le fera sortir du lot. Par ailleurs, tous les pitcheurs ont respecté le schéma “Problème posé => Solution apportée par le projet”, ce qui permet de comprendre tout l’intérêt de la startup en moins de 30 secondes. - S’agissant des résultats finaux, il est assez rigolo de voir que 2 des projets vainqueurs sont ceux qui avaient récolté le plus de suffrages des participants lors des pitchs d’entrée. Utilisation des réseaux sociaux pendant l’évènement Je m’attendais à ce qu’il y ait énormément de tweets de la part des participants au SWToronto et étonnamment, il n’y en a eu que très peu. Les participants communiquent peu sur Twitter pendant l’évènement (sauf pour poster des enquêtes et publier leur projet finalisé) et ne communiquent pas non plus entre eux sur ce réseau. La position du SWToronto dans le classement de la Hashtag Battle des différents SW du 9 novembre confirme d’ailleurs bien mon propos: Toronto est à la 10ème place du classement avec 500 tweets là où le SW Bretagne de Lannion (700 tweets pour 3 fois moins de participants) s’érige à la troisième place (le chauvinisme breton y est sans doute pour quelque chose, parole de bretonne ! ;)). De même, là où les participants du SWNA se jettent sur les photos publiées sur Facebook pour liker, commenter, partager, se tagguer, etc, l’engouement n’est pas du tout le même au Canada. Les participants n’ont que faire des photos de l’évènement (seul 2 ou 3 RT et 10 likes sur Facebook pour 200 participants contre 33 likes pour l‘album du SWNA). Je ne parviens pas à expliquer cette différence. Est-ce que la fierté de faire partie d’une communauté y est pour quelque chose ? A Nantes ou à Lannion, je pense que de nombreux participants se connaissent déjà un peu et une dynamique de groupe se créée plus facilement sur Twitter et Facebook (RT des membres de l’équipe, tagguage de ses camarades sur les photos, etc.). L’organisation L’organisation du SW de Toronto est prise en charge par une bénévole qui supervise l’évènement sur son temps libre : Holly Knowlman (congrats Holly !). The Working Group met à disposition ses locaux et finance une partie de l’évènement en collaboration avec de nombreux sponsors. Des partenariats permettent d’offrir des lots aux meilleurs pitcheurs et de réaliser une loterie à la fin de l’évènement entre tous les participants (certains sont donc repartis avec des tablettes, des iPhone 5, des Samsung Galaxy S3…). La grandeur d’une ville comme Toronto doit beaucoup jouer dans le nombre de sponsors et de partenaires… En tout cas, l’association Atlantic2.0, qui organise le SW de Nantes peut être fière de son organisation et n’a pas à rougir de celle d’un des SW les plus grands du monde. Un grand bravo pour ça ! Un grand bravo également pour la création de contenu autour du SW (articles de blog, suivi des projets tout au long du weekend pour les gens extérieurs, vidéos…) car il n’y a pas tout ça à Toronto ! :) Pour conclure, assister à des Startup Weekends dans 2 pays différents à été très instructif. Cela permet évidemment de voir les différentes tendances et façon de procéder dans différents pays mais également de rencontrer des gens dans un environnement sympa... (idéal pour des nouveaux arrivants au Canada comme nous ;)). Si vous avez l'occasion de participer à un Startup Weekend, quel qu'il soit, foncez, vous ne le regretterez pas !