« Le plus important, c’est d’avoir un réseau »

« Le plus important, c’est d’avoir un réseau »
Wizbii, réseau social étudiant pour entreprendre (en ligne à la rentrée prochaine), a décidé de laisser régulièrement la parole sur le blog à de jeunes entrepreneurs. Aujourd'hui, interview de Matthieu Fauveau, cofondateur de Deckmatt (société de conseils et services informatique en Ile-de-France), qui a également lancé iScriba (service de facturation en ligne). Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Passionné d’Internet depuis les offres « illimités » en 56 K, mon parcours est assez atypique pour un Français puisque complètement autodidacte. J’ai créé mes premiers sites Internet à partir de 1995 (principalement dédiés à des jeux vidéos tels que Unreal ou Deus Ex). Si tout est parti de là, le reste s’est fait de diverses rencontres. En 2001, j’ai pris la décision d’arrêter mes études et de me lancer complètement dans le développement web. J’avais une envie exacerbée de rentrer dans le monde du travail et je ne me voyais pas continuer à faire de longues études qui, avec le recul, ne m’auraient de toute façon pas apporté grand-chose. Deux ans plus tard, en octobre 2003, c’est une rencontre inattendue, lors d’un dîner chez des amis, qui m’amène à m’associer avec Yohann De Decker pour créer Deckmatt. Une société qui se spécialise aujourd’hui dans les services informatiques pour les PME. Je ne saurais dire pourquoi c’est arrivé, il faut croire que l’on avait quelques atomes crochus... Depuis, c’est un peu plus de six années de bonheur. Notamment l’année dernière avec le lancement d’iScriba, un service de facturation en ligne en mode SaaS. C’est un vrai plaisir de fournir un service utile aux entrepreneurs et d’avoir un retour direct de leur part. Peux-tu nous présenter ta société et son évolution, de ses débuts jusqu'à maintenant ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre avec précision. Comme beaucoup d’entrepreneurs « débutants » nous sommes allés un peu dans tous les sens au début. Cela s’explique sans doute par le fait qu’on avait une clientèle assez variée et qu’on cherchait avant tout à satisfaire tout le monde. Par la suite, après avoir notamment tenté l’aventure du e-commerce avec un site dédié aux « gamers », on a fini par se spécialiser pour mieux avancer. Mon associé prenant en charge la partie conseil, infogérance et audit, j’ai de mon côté pris les rennes de la partie développement internet et applicatif, mon domaine de prédilection. Pourquoi as-tu eu envie d'entreprendre ? Je fais partie de ces gens pour qui la routine « métro, boulot, dodo » n’est pas envisageable. Je préfère avoir un contact direct avec le client, sans intermédiaire, afin de bâtir une vraie relation de confiance, voire quelquefois d’amitié. Partant de là, il était tout à fait naturel que je m’oriente dans une carrière me laissant libre de décider et d’agir seul. À mon sens, seul l’entreprenariat peut répondre à ce besoin de liberté et apporter la satisfaction de construire et d’avancer sans dépendre de décisions prises par d’autres. A quelles difficultés as-tu dû faire face ? La principale difficulté en France est l’administration. Comparé à d’autres pays, tel que les États-Unis ou l’Angleterre pour ne pas les citer, elle représente une perte de temps considérable. Trop de paperasse et des procédures souvent longues peuvent vite décourager si l’on n'est pas épaulé correctement. Il y a aussi le cas des impayés qui représentent une difficulté importante. Ils arrivent toujours lorsqu’on ne s’y attend pas et c’est toujours très délicat à gérer, tout particulièrement lorsqu’on emploie des personnes. Malgré tout ce n’est pas insurmontable et une bonne dose de courage suffit pour s’en sortir. Peux-tu nous citer un bon et un mauvais souvenirs liés à la création de ta société ? L’aventure de l’entreprenariat est faite de dizaines de bons souvenirs. Chaque client qui te remercie et te fait des éloges sur la qualité de ton travail est un bon souvenir en soit. Même s’il faut être capable de s’autosatisfaire lorsqu’on est entrepreneur, je crois que finalement rien ne vaut la satisfaction d’un client suite à un projet réussi. Au chapitre des mauvais souvenirs, le plus mauvais reste sans doute celui d’un client qui nous a fait faux bon au dernier moment alors qu’on avait déjà investi considérablement dans son projet. On a bien failli fermer la société à l’époque et cela avait été une période assez difficile moralement. Si tu devais aujourd'hui t'adresser à des jeunes qui ont envie d'entreprendre, que leur dirais-tu ? Le plus important est d’avoir un réseau. J’aime beaucoup le vieil adage « Ce n’est pas ce que vous savez, mais qui vous connaissez ». De nos jours, ça prend tout son sens. Avec des réseaux comme Facebook, Viadeo ou LinkedIn, on garde facilement le contact et c’est un atout majeur professionnellement. Il y a quelques années, on passait beaucoup de temps à chercher le client, aujourd’hui il vient à toi via tes réseaux. Cela étant, si je devais donner un seul et unique conseil à des jeunes entrepreneurs ce serait : investissez-vous à fond ! En tant qu’entrepreneur c’est un point crucial. On peut subir des échecs et si l’on ne s’est pas investi complètement dans le projet, on peut le regretter pendant longtemps après. Merci à Matthieu pour ses réponses et sa disponibilité ! Si vous aussi, vous souhaitez nous parler de la création de votre entreprise, n'hésitez pas à nous contacter.