Assises Entrepreneuriat : Quelles mesures pour l'entrepreneuriat des jeunes?

En avril, Wizbii a eu la chance de participer au premier groupe de travail aux assises de l'entrepreneuriat présidé par Philippe Hayat, Président de l'association 100 000 entrepreneurs,  avec pour thème : Diffuser l'esprit d'entreprendre auprès des jeunes. Le compte rendu des débats réalisés entre le 4 janvier et le 9 avril 2013 a été restitué devant la Ministre Fleur Pellerin et le comité de pilotage. Les propositions ont ensuite été remises au Président de La République François Hollande et à son premier Ministre.

C'est aujourd'hui, lundi 29 avril 2013 que François Hollande recoit 300 patrons à l'Elysée pour la clôture des Assises de l'entrepreneuriat. Sur RMC, Fleur Pellerin dévoilait ce matin plusieurs mesures comme l'allègement de la fiscalité sur les cessions d'entreprise ou encore la suppression de la black-list de la Banque de France des entreprises qui ont déposé le bilan.

Retour sur un thème qui vous concerne directement : la diffusion de l'esprit d'entreprendre auprès des jeunes. Intervenants visibles sur le rapport détaillé ci-dessous. L'entrepreneuriat des jeunes a inspiré 4 mesures principales qui seront, nous l'espérons, adoptées par le gouvernement.

Première mesure : Intégrer une sensibilisation structurée à l’entrepreneuriat dans les enseignements du Secondaire

Dès le collège, une sensibilisation à l'entrepreneuriat et au monde de l'entreprise serait introduite grâce à un module de formation notamment. L'esprit d'entreprendre serait mis en perspective dans les matières classiques d'enseignement. Les étudiants pourraient aussi avoir la possibilité de rencontrer des entrepreneurs, de visiter des entreprises. Les expériences entrepreneuriales seront valorisées et encouragées par le système scolaire. Une idée a fait débat : mettre en place une option entrepreneuriat au Baccalauréat. La DEGESCO a émis une forte réserve. Objectif Au final, l'objectif de cette première mesure est de donner à tous les élèves du secondaire une éducation à l'entrepreneuriat et une bonne compréhension du monde professionnel.

Deuxième mesure : Permettre à tout étudiant de l’enseignement supérieur d’entreprendre sur son campus

37% des lycéens des filières professionnelles et des étudiants envisagent de créer un jour leur entreprise, mais seulement 11% d’entre eux directement après leurs études. 94% des créateurs d'entreprises innovantes sont issus de l'enseignement supérieur. Partant du constat que les étudiants entreprennent peu pendant ou juste après leurs études et que l’accessibilité de l’enseignement de l’entrepreneuriat pour tous les étudiants reste à construire, cette mesure propose un parcours entrepreneurial complet à chaque étudiant. Pour cela, les étudiants eux mêmes seraient « ambassadeurs de l'entrepreneuriat » sur leur campus avec l'appui de conférences d'entrepreneurs, des jeux de création d'entreprise, des clubs d'étudiants-entrepreneurs...Les Junior-Entreprises auraient alors leur place au sein de chaque établissement. Les étudiants seraient formés à l'entrepreneuriat par un enseignement des outils indispensables pour entreprendre. Cette seconde mesure vise également à développer les diplômes en entrepreneuriat : Master Entrepreneuriat, PME, Innovation, licence professionnelle en entrepreneuriat... Les jeunes porteurs de projets seront accompagnés grâce au développement des incubateurs et du tutorat. Le jeune entrepreneur aurait la possibilité d'effectuer son stage dans sa propre entreprise.

Des aides au financement permettraient d'encourager cette mesure : possibilité de prêt d'honneur, délivrance d'une bourse, possibilité de refinancement du prêt étudiant...Il y aurait la mise en place d'un fonds d'amorçage (tickets unitaires de 50.000 à 500.000 €) financé par les « alumni », voire l’établissement, et appuyé par le Fonds National d’Amorçage (BPI).

Objectif Cette mesure vise à atteindre 5% d'étudiants entrepreneurs en 4 ans (contre moins de 2% aujourd'hui).

Troisième mesure : Créer un parcours entrepreneurial pour les jeunes peu ou pas qualifiés

Les jeunes peu ou pas qualifiés constituent un vivier d’entrepreneurs mais ont particulièrement besoin d'accompagnement Cette mesure s'articule ainsi autour de trois points clés : Fournir une formation de base à l’entrepreneuriat, accompagner les porteurs de projets et faciliter les premiers financements. Objectif La création ou la reprise de 25 000 entreprises par an par des jeunes peu ou pas qualifiés.

Dernière mesure : Populariser massivement l’aventure entrepreneuriale auprès des jeunes générations

Trois constats principaux ont induit cette mesure : la France est un pays où la peur du risque freine l'initiative entrepreneuriale [il existe un grand écart entre l'envie et le passage à l'acte], les jeunes entreprennent peu et ils méconnaissent l'acte d'entreprendre alors que c'est une opportunité pour eux La mesure consisterait à diffuser dans les médias (programme d’émissions courtes : histoires d’entrepreneurs d’1 minute 30, par exemple avant le journal télévisé, émissions concours de type Masterchef...) et sur le web des histoires d'entrepreneurs. Dans un second temps, il serait constitué une équipe d’ambassadeurs emblématiques permettant de véhiculer les valeurs entrepreneuriales (par exemple des artistes, des entrepreneurs à succès, des sportifs...) Objectifs  Le but d'une telle mesure serait de populariser l'image de l'entrepreneur, de relativiser et valoriser les échecs. Pour soutenir ces mesures, un statut « Jeune Entrepreneur de France » serait créé afin de donner aux jeunes un cadre serein pour entreprendre. Ce statut permettrait de bénéficier d'une couverture sociale, d'utiliser les "emplois d'avenir" pour les jeunes créateurs, ou encore de voir son projet financé. Que pensez-vous de ces mesures ? Voici le compte rendu complet :