L'entrepreneur Christophe Agnus lance "Adoptez un élu"

L'entrepreneur Christophe Agnus lance "Adoptez un élu"
Fondateur de Sopixi et de Walabiz, l'entrepreneur Christophe Agnus lance l'opération "Adoptez un élu". L'idée ? Inviter les élus (députés, sénateurs, etc.), souvent issus de la fonction publique ou de professions libérales, à venir faire un court stage dans une TPE/PME pour mieux appréhender le quotidien et la réalité des petites entreprises. Tout en permettant aux dirigeants de ces dernières, en retour, de mieux connaître le travail des élus. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre opération "Adoptez un élu" ? Je dirige deux entités, Walabiz et Sopixi. Walabiz est une agence de conseil en stratégie numérique et de développement de solutions numériques. Elle travaille avec des groupes de presse et des sociétés de toutes tailles pour leurs développements Web. Sopixi.fr est un site permettant à tous de faire un site et un e-boutique gratuitement, et sans compétences techniques. Avant de créer Elteg, j'étais directeur délégué d'un des plus grands groupes de presse français. En créant Walabiz et Sopixi, je me suis rendu compte du décalage entre la vision de l'entreprise par les élus, et la réalité. J'ai aussi constaté que les entrepreneurs avaient une vision souvent caricaturale des élus. J'ai donc imaginé une opération qui permettrait à ces deux mondes de se parler plus souvent, de mieux se comprendre, car il est impératif, pour tous, qu'ils se comprennent mieux.

"Il est impératif qu'entrepreneurs et élus se comprennent mieux"

Pourquoi lancer aujourd'hui une telle opération ? Le timing est un hasard, mais je pense cependant qu'il y a urgence à unir les bonnes volontés. Et je crois que les politiques sont de bonne volonté, qu'ils ne demandent qu'à échanger, à comprendre. Les entrepreneurs, eux, n'ont pas le choix : ils doivent faire passer leur message. De nombreuses TPE/PME se sont déjà inscrites pour accueillir un élu. Comment expliquez-vous cet engouement ? L'opération résonne bien chez les entrepreneurs, qui adhèrent à l'analyse, comme à l'urgence. Comme je le dis dans l'appel : si vous ne faites pas partie de la solution, vous faite partie du problème... Les entrepreneurs sont avides de solutions. Et heureusement ! Des élus ont-ils déjà répondu à votre appel ? Non, pas encore mais c'est logique : j'attendais d'avoir plus de deux cents entreprises inscrites pour communiquer auprès des élus. Il y a 577 députés et 348 sénateurs. Il faut leur proposer un panel d'entreprises non seulement important, mais aussi relativement réparti géographiquement. Aujourd'hui, il y a encore de gros trous. La Bretagne et la région parisienne sont très représentés, le Sud-Est quasiment pas, par exemple.

"Les patrons de grandes entreprises devraient faire un tour dans les PME"

En avril, vous aviez déjà proposé aux patrons du CAC40 de venir faire un stage dans votre entreprise. Pourquoi ? J'avais lu un entretien avec Louis Gallois disant que les patrons de grandes entreprises devraient faire un tour dans les PME où ils verraient "la vraie vie". J'ai réagi sur les propos de cet homme, que j'estime beaucoup, et j'ai proposé aux 40 patrons du CAC 40 et à 4 responsables politiques de faire un stage chez moi. L'idée, aussi, était de faire comprendre à ces responsables de grandes entreprises que ces dernières ne font pas assez confiance aux petites entreprises, et qu'elles ne les aident pas à se développer. Si la taille moyenne d'une entreprise est de 14 personnes en France contre 41 en Allemagne, c'est aussi parce que les grandes sociétés allemandes font beaucoup plus confiance aux petites entreprises, en leur confiant de nombreux contrats. En France, il est très dur de travailler avec ces grandes sociétés qui ont tendance, en plus, à jouer de leur puissance à votre détriment plutôt que pour vous aider. J'ai en parlé, d'ailleurs, avec M. Chifflet, le DG du Crédit Agricole, qui est venu dans mes bureaux. Un seul patron avait alors répondu présent. Comment expliquez-vous le silence des grands patrons par rapport à cette initiative ? Je pense qu'ils n'ont aucun intérêt, pour la plupart, pour les petites entreprises. Une forme d'arrogance regrettable car les grandes entreprises ont, pour la plupart, commencé petites... Si ce n'était pas tragique pour notre économie, ce serait risible. Mais le silence des 4 politiques invités est aussi inquiétant... Pour en savoir plus sur l'opération "Adoptez un élu" et participer : http://adoptezunelu.sopixi.fr