Wingly, le blablacar du ciel qui permet de voyager dans l'avion d'un inconnu !

Wingly, le blablacar du ciel qui permet de voyager dans l'avion d'un inconnu !

Plateforme lancée le 9 juillet dernier,  Wingly est le "blablacar du ciel". Vous partagiez la voiture d'un inconnu ? Partagez maintenant son avion ! Avec plus de 1200 membres, et 175 vols proposés, le site web semble commencer à faire sa place en matière de co-avionnage. Comme beaucoup de start-up de l'économie collaborative, Wingly doit tout de même faire face à quelques critiques. La ruche a décidé de lui donner un droit de réponse et de vous faire partager son aventure plus en détail !  Hello, pouvez-vous présenter votre parcours aux lecteurs de la ruche ? Wingly c’est avant tout une équipe de trois co-fondateurs complémentaires et soudés : • Emeric de Waziers (23 ans), le pilote. Emeric pilote depuis l’âge de 15 ans est aussi Polytechnicien. Après avoir longuement hésité à s’engager vers la carrière de pilote de chasse dans l’aéronavale, il a succombé au magnétisme de l’entrepreneuriat. Il avait eu l’idée du co-avionnage alors qu’il passait sa licence PPL (Private Pilote Licence). Il avait alors identifié que le co-avionage pourrait être un moyen pour les pilotes de partager les frais de vols mais aussi leur passion. • Bertrand Joab-Cornu (23 ans), l’ingénieur aéronautique. Bertrand, lui aussi passionné d’aéronautique, est ingénieur SUPAERO. Il a rejoint le master d’entrepreneuriat et d’innovation technologique de l’école Polytechnique en début d’année. • Lars Klein (21 ans), le développeur web. Lars qui est Allemand avait à Berlin sa propre entreprise de web développement qu’il a mis de côté pour venir s’installer à Paris et fonder Wingly avec Emeric et Bertrand. C’est aussi un serial entrepreneur dont les projets l’ont mené jusqu’en Chine. Wingly en quelques mots ? Wingly est une plateforme de co-avionnage, ‘Le BlaBlaCar du ciel’ ! Nous aimons cette comparaison avec BlaBlaCar car le fonctionnement du site et le concept sont très similaires. Il suffit de transposer le milieu de l’automobile à celui de l’aviation légère, celui du conducteur vers le pilote passionné, celui des embouteillages et des longues routes vers les airs et les beaux paysages vus du ciel. Wingly permet aux pilotes de l’aviation légère de proposer les places libres à bord de leur appareil en fonction des vols qu’ils ont prévu d’effectuer. Une page indique l’aérodrome et l’heure de départ et d’arrivée, la durée du vol, le nombre de places restantes et le prix par place. Le prix, qui s’étend en moyenne entre 50 et 100€, est comparable à celui du TGV. Les passagers n’ont plus qu’à choisir leur vol, que ce soit pour aller vers une destination spécifique ou simplement admirer le paysage depuis les airs. Par ailleurs, Wingly est totalement gratuit puisque nous ne prenons pas de commission sur la transaction du passager vers le pilote et que nous ne demandons pas d’abonnement ou de frais d’inscription. partager un avion moins cher Quels publics visez-vous ? Wingly, en tant que market place de mise en relation de pilotes et de passagers doit communiquer stratégiquement vers ces deux populations. D’un côté les pilotes sont des passionnés. Wingly leur permet de résoudre deux problèmes clefs. Le premier est d’ordre financier. Grâce au partage des coûts, wingly permet aux pilotes privés de réduire par deux, trois ou quatre leurs frais de vols selon le nombre de passagers. Ce qui, pour un budget alloué à leur passion, leur permet de voler plus, que ce soit plus de vols ou des vols plus longs. Voler plus leur permet aussi d’être plus expérimentés. L’autre dynamique est le partage de passion. En effet, Wingly ne permet pas seulement le partage d’une facture mais bien le partage d’un paysage magnifique, de la découverte des sensations de vol. Car pour un pilote, ce n’est pas drôle de voler seul. Wingly permet aux pilotes privés de réduire par deux, trois ou quatre leurs frais de vols selon le nombre de passagers. Ce qui, pour un budget alloué à leur passion, leur permet de voler plus, que ce soit plus de vols ou des vols plus longs. Du côté des passagers Wingly, si nous visons les jeunes actifs, le jeune cadre dynamique désirant découvrir pour son week-end l’aviation légère en couple ou entre amis, l’expérience nous a montré que les utilisateurs de se cantonnent pas seulement à cette niche. startup airbnb de l'avion Comment vous démarquez-vous de la concurrence (Coavmi..) ? Nous nous distinguons d'une part par la volonté de créer une communauté autour de l’aviation légère à laquelle nous apportons un cadre de confiance et de sécurité. Wingly permet aux pilotes et passagers de se laisser une note et un commentaire l’un sur l’autre. Et nous nous distinguons surtout par le respect de la réglementation. Il faut noter que le co-avionnage s’inscrit dans un cadre légal qui permet au pilote de partager ses frais avec des passagers. Mais ce partage des frais est très réglementé. On pourrait retenir la phrase ‘BlaBlaCar Oui, Uber Non !’. Autrement dit, le pilote n’est pas autorisé à effectuer des bénéfices sur son vol. Bien plus, il doit payer au moins sa part du vol, soit 25% dans un avions quatre place. Aujourd’hui, nous sommes la seule plateforme à proposer le paiement en ligne et donc à encadrer ce partage de frais pour qu’il respecte toujours le cadre légal. Le paiement en ligne permet aussi d’ancrer l’expérience dans l’économie collaborative et d’éviter le moment gênant où le pilote doit demander aux passagers de payer leurs parts du vol et à ces dernier d’avoir oublié de préparer l’appoint. Finalement, la richesse d’une market place est directement liée à la taille de sa communauté. Il est nécessaire d’atteindre rapidement une masse critique et nous sommes conscients qu’à l’instar de BlaBlaCar, il n’y aura pas de place sur le marché pour de nombreuses plateformes. La différence passera en premier lieu par le produit, la plateforme, son design et ses fonctionnalité mais aussi par l’implémentation du business plan, la stratégie marketing et notre capacité à lever des fonds. Cet article évoque quelques éléments contre le co-avionnage, que répondriez-vous à ces différents problèmes ? Cet article, en défaveur du co-avionnage met le doigt sur plusieurs points qui méritent tous les contre-arguments suivants. Le premier point abordé est celui de la mise en relations d’inconnus pour les faire monter dans un même avion. L’article met alors en avant des arguments de sécurités. Est-ce sûr pour un passager de monter avec un pilote inconnu et pour un pilote de prendre un inconnu dans son avion ? Conscient de cette thématique, Wingly met en place une vérification sérieuse des différents membres de la plateforme. Tout d’abord par une vérification des cartes d’identité, des licences de vols et du certificat médical du pilote. Bien plus, l’économie collaborative avec des plateforme comme BlaBlaCar, airBnB ou Drivy, a su montrer qu’il est possible de construire des communauté de confiance et que sortir de l’état de défiance du web permet d’élargir le champs des possible par le partage en assurant la sécurité. Le second point que soulève l’article est d’ordre économique. Les pilotes Wingly ne devraient-ils pas posséder une licence d’exploitation commerciale pour partager leur frais de vol ? C’est pour cela que Wingly effectue un travail minutieux de vérification des prix annoncés sur la plateforme. En effet, le pilote peut légalement partager ses frais de vol et payer au moins sa part du vol, mais il ne peut pas générer de bénéfice sur son vol. Autrement dit, ‘Pour le co-avionnage, BlaBlaCar oui ! Uber Pop non !’ Le troisième point mis en avant par cet article est l’importance pour le passager de ne pas faire l’amalgame entre le co-avionnage et l’aviation commerciale. En effet, si la météo est mauvaise, le vol peut être annulé. Wingly effectue cette sensibilisation indispensable. Un briefing complet au passager est proposé pour qu’il soit conscient des particularités de l’aviation légère.   Savez-vous combien il existe de propriétaires d’avions privés en France ? Vous avez quels objectifs ? Il ne faut pas regarder le nombre de propriétaires d’avion, mais le nombre de pilotes privés qui sont plus de 40.000 pilotes possédant leurs PPL (Private Pilote Licence). En effet, moins de 10% des pilotes sont propriétaires de leur avion pour lesquels il faut compter un prix d’achat qui peut atteindre un demi-million d’euros sans compter le coût de la maintenance et du carburant. Ainsi la grande majorité des pilotes sont-ils membres dans un aéroclub au sein duquel ils louent la machine à un prix horaire moyen de 150€. Les aéroclubs sont des associations. Il y en a plus de 600 en France. La vie de l’association permet aux pilotes de vivre à plein régime leur passion en faisant partie d’une communauté. Un peu plus d’un mois après le lancement il est très difficile de parler d’objectif de part de marché. D’un point de vue rentabilité il apparait qu’un peu moins de 5% de part de marché permettrait à Wingly d’être rentable. Et cela semble aujourd’hui atteignable pour Wingly. Cela car le partage de passion intéresse même les pilotes qui non intéressés par le partage des frais. Aujourd’hui les pilotes et passagers sont des early adopters passionnées d’aéronautique et fervents supporteurs de l’économie collaborative. Pour attendre une communauté plus importante le challenge du co-avionnage sera de créer une communauté de confiance et de sécurité. avion Si l’on compare le tarif d’un trajet en avion sur Wingly et celui de la location sur un site ordinaire, combien peut-on économiser ? Que ça soit pour le pilote et le passager, le chiffre à retenir est que Wingly permet en moyenne de couper les coûts par trois. Et enfin… quelles sont les prochaines étapes pour Wingly ? Après un mois d’activité notre préoccupation majeure est d’affiner notre business plan et notre produit selon une dynamique Lean Start-Up. Nous devons bien comprendre le besoin auquel nous répondons pour continuer de préciser notre cible, de segmenter notre offre et notre marché pour être en mesure de construire la proposition de valeur la plus forte possible. Nous itérons constamment sur notre stratégie marketing. Les polémiques Uber Pop ont fait beaucoup de mal à l’économie collaborative et nous devons suivre de près le cadre légal régit par la DGAC, la Direction Générale de l’Aviation Civile, avec qui nous souhaitons travailler main dans la main plutôt qu’en opposition de phase comme Uber. Donc avant de parler d’internationalisation, le chemin est encore long car l’histoire du co-avionnage en France a tout juste un mois.   Retrouvez le site web de Wingly et likez leur page Facebook