L'importance de savoir s'entourer : "tu iras vite seul mais tu iras loin ensemble"

L'importance de savoir s'entourer : "tu iras vite seul mais tu iras loin ensemble"

Wicard est une start-up lausannoise en pleine expansion depuis sa création en juin 2014. Celle-ci est une application mobile permettant de mémoriser et partager nos bonnes adresses à nos amis qui connaît déjà plus de 1600 téléchargements en un mois. Nous avons interviewé pour la Ruche le CEO de Wicard : Didier Schwarz, 26 ans. Entouré de Nicolas, CTO, Alexandre, Lead mobile developer et Pablo Art director (respectivement 26, 28 et 23 ans), ils comptent bien se lancer dans les plus grandes capitales européennes pour améliorer le quotidien des gens ! Hello Didier ! Quel est ton parcours ? Didier Schwarz, CEO Wicard Je viens de terminer mon Master en Système d’Information à HEC Lausanne (Suisse). Durant mon bachelor j’ai eu l’opportunité de créer et d’organiser le premier tremplin d’humour universitaire en Suisse romande, le Banane Comedy Club. C’est en tant que membre du comité de l’association Fréquence Banane (de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFL) que j’ai mené à bien ce projet. Pour l’anecdote, nous avons organisé une soirée de Gala en présence de l’humoriste français Jeremy Ferrari. Mis à part le fait d’avoir été les premiers à le faire venir sur le sol helvétique, nous avons vendu 800 billets en moins de 10 minutes ! C’est grâce à ce projet que j’ai eu ensuite l’envie de me lancer dans le milieu entrepreneurial. En deux mots : le plaisir de travailler en équipe, de voir des mois de travail intenses se réaliser, avec comme objectif d’améliorer la vie des gens ! Pour Wicard, l’histoire est un peu différente. Je suis parti une année pour un Erasmus à Madrid et je n’avais pas d’autre choix que de me refaire tout mon carnet d’adresses : coiffeur, café, restaurant, médecin... Bien que j’utilisais de temps en temps des sites comme Yelp ou Tripadvisor, le besoin, en ce qui me concerne, n’était pas satisfait : trop d’informations, trop de commentaires biaisés et impersonnels. J’aimais flâner dans les rues, découvrir des petits cafés ou dénicher des boutiques artisanales. Et à chaque fois que j’aimais un endroit, je prenais la carte de visite du lieu que je recopiais dans mon smartphone. Même si cette solution n’était pas optimale, elle me satisfaisait. Mais c’est lorsque mes proches m’ont demandé de leur recommander mes bonnes adresses sur Madrid, que je me suis dit qu’il y a avait quelque chose à faire. C’est comme ça que Wicard est né. Le projet a débuté concrètement lors de mon retour en Suisse, dans le cours du Professeur Yves Pigneur, co­auteur du livre à succès Business Model Generation. J'ai eu la chance de pouvoir travailler pendant un semestre sur le business model avec l’aide de trois autres étudiants. Puis d’écrire mon mémoire académique sous la direction du Professeur Pigneur avec comme sujet Wicard et l'Omni­channel (ou comment offrir une expérience continue et connectée pour les consommateurs). Après avoir gagné quelques concours, et formé une équipe entière, je me consacre donc depuis neuf mois entièrement à ma startup. Wicard, c’est quoi ? wicard logo Une application mobile (gratuite) qui permet de découvrir, mémoriser et partager nos bonnes adresses entre amis ! Un bon brunch ce week-end ? Une soirée de folie ? Nous permettons aux utilisateurs d’être inspirés par leurs humeurs et par les recommandations personnalisées de leurs proches ! Comme avec Spotify, ils peuvent créer et partager la playlist de leurs adresses préférées sur Wicard. Quel est votre petit plus par rapport aux plateformes existantes ? Nous souhaitons apporter de la valeur à l’information plutôt que de la quantité. D’où les recommandations de gens qui nous connaissent uniquement ou à travers les lieux que nous fréquentons. De plus, nous sommes une des premières startups en Europe à implémenter le iBeacon Technology. Ces petits émetteurs Bluetooth permettent d’être connecté proactivement avec les endroits où l’on se trouve. application mobile wicard Dès que nous entrons dans un restaurant partenaire, un musée ou un coiffeur par exemple, l’utilisateur reçoit automatiquement un pop up qui lui demande s'il souhaite mémoriser ce lieu. Ensuite, il a accès à toutes les informations de la wicard (adresses, numéro de téléphone, wifi, réseaux  sociaux) gérée par l’établissement. Il peut immédiatement ajouter ses photos, ses commentaires et les partager avec ses amis. Après avoir cité les quelques concours/événements auxquels vous avez participé, peux­-tu nous expliquer ce qu’ils vous ont apporté ? À ce jour, nous avons participé à deux concours: START Lausanne et Venture Kick. En gagnant le prix du public et le prix de la meilleure présentation au concours START, cela m’a permis de prendre de plus en plus confiance dans ce projet, de voir le réel potentiel qu’il avait en le confrontant au monde extérieur, mais ça été surtout une locomotive pour passer d’une idée à quelque chose de concret. Dans le milieu entreprenarial, ce ne sont pas les idées qui importent, mais leur exécution. En ce sens, le concours START a été l’élément déclencheur pour créer une équipe avec des étudiants/entrepreneurs aux compétences complémentaires. Venture Kick quant à lui, nous a permis de gagner récemment CHF 10’000. Cet argent a tout de suite été investi pour le lancement de l’app en Avril (essentiellement en marketing).

Au final, il est important pour une startup de participer à quelques concours, mais il ne faut pas trop en faire non plus ! Cela donne de la renommée et de la visibilité, ça peut rapporter un peu d’argent aussi, mais à la fin ce qui compte, c’est d’être focus sur son projet, de développer son produit/service et d’avoir des clients.

Quelles ont pu être les difficultés que vous ayez rencontrées en tant que jeunes startuppers ? Il y a trois domaines que tout entrepreneur doit être capable de gérer : le temps, les ressources et l’argent. La difficulté pour une startup comme la nôtre, c’est que nous devons créer un marché et répondre parfaitement à ses besoins en un laps de temps très court. Lorsque vous êtes quatre, avec peu d’expérience et encore moins d’argent, c’est pas tous les jours facile ! En ce qui nous concerne, nous avons réussi à sortir une version bêta sur le marché avec très peu de ressources financières. Nous avons donc investi essentiellement notre temps, week-­end compris ! La chance aussi que nous avons, c’est que notre équipe dispose des ressources principales pour développer notre produit. C’est un beau challenge que nous nous sommes fixés, mais nous l’avons relevé grâce à une équipe motivée, passionnée et exigente. Comptez-­vous agrandir l’équipe ? De quel type de profils auriez­-vous besoin dès à présent ? Wicard, cartes de visite smartphone Pour être une “worldwilde company” il le faut ! Mais étape par étape. La difficulté réside à nouveau entre les  besoins et les ressources financières pour le faire, mais il existe énormément de solutions pour convaincre des gens talentueux et motivés à travailler avec nous ! Nous recherchons actuellement deux types de profils: un profil ingénieur pour aider au développement de la plateforme business et au développement iOS et un profil orienté business, spécialisé dans le marketing digital et le développement d’application mobile. Quel est votre prochain objectif ? Implémenter les fonctionnalités qui apporteront une grande valeur à l’app. L’idée est d’avoir un système le plus autonome possible pour être scalable. Dans notre domaine, il est important d’atteindre rapidement une masse d’utilisateurs critiques pour être rentables. Après le marché test sur Lausanne, nous nous sommes fixés comme objectif de nous lancer dans une grande capitale européenne ! On hésite encore entre Paris ou Londres. Penses­-tu que les grandes écoles préparent suffisamment les étudiants à l’entrepreneuriat ? Les grandes écoles nous préparent à penser, pas à faire ! Cependant, je ne pense pas qu’une école, aussi réputée soit­ elle, peut apprendre l’entrepreneuriat mieux que le terrain lui-­même. En ce qui me concerne, j’ai eu la chance d’être aux côtés du Professeur Yves Pigneur, qui m’a inculqué une façon innovante d’entreprendre. C’est en allant écouter ses clients, en faisant des prototypes, des tests, et en s’adaptant continuellement qu’on innove. Mais faut aussi savoir prendre des risques et assumer des mauvaises décisions. On ne fait jamais juste du premier coup, encore plus dans l’entrepreneuriat. D’ailleurs, il y a cette fameuse citation d’une des directrices de Facebook qui dit: “done is better than perfect”. J’y adhère à 200% ! Enfin, aurais-­tu un conseil en or à donner à nos futurs entrepreneurs ? Le meilleur conseil pour ceux qui hésitent encore à être entrepreneur, c’est de ne pas hésiter ! Il faut oser. Ce n’est pas l’échec qui importe, c’est ce qu’on en fait. En revanche, il faut savoir bien s’entourer. J’aime citer ce proverbe africain affiché dans notre co­working space qui dit: “Tu iras vite seul, mais tu iras loin ensemble”. Merci à l'équipe ! Alors convaincu par cette nouvelle application ? Qu'en pensez-vous ? Pour en savoir plus, voici le site de Wicard ainsi que la page Facebook de Wicard.