American tarte : Un Français sur un campus américain

American tarte : Un Français sur un campus américain
En janvier 2010 a débuté mon épopée de 5 mois sur le campus de l’université Oglethorpe d’Atlanta, la capitale de la Géorgie, un état du sud des États-Unis limitrophe de la Floride. Difficile de ne pas appréhender ce type de longs voyages, surtout si, comme moi, on se lance seul et sans trop connaître son contact sur place… La meilleure parade contre le stress, c’est la préparation. Après l’obtention du VISA étudiant (intitulé I-20) auprès de l’ambassade américaine, il faut se munir des essentiels pour la vie en internat. Les adaptateurs électriques par exemple peuvent s’acheter dans toutes les grandes surfaces telles que Walmart, Costco, voire même les stations services. Une fois les précautions prises, c’est bisous à la famille et en piste pour une expérience à coup sûr inoubliable on the land of the free.

Where the hell am I ?

Une fois arrivé à l’aéroport d’Atlanta, le plus grand des États-Unis et du monde par son trafic (on s’y déplace en train, et on met 20 minutes pour le traverser de bout en bout sur voie ferrée !), je vois arriver les redoutables douanes américaines, réputées pour être tatillonnes. Ça ne manque pas, et pour avoir embarqué la copie de mon formulaire I-20 par mégarde, je suis placé dans une salle d’attente pendant 2 heures ! Vérifiez donc bien votre paperasse avant de vous lancer dans l’aventure ! Après avoir retrouvé ma valise au milieu de l’aéroport (oui, oui) et sur le point d’être pris pour une bombe, j’ai finalement rejoint mon contact, une étudiante américaine de mon université française, exchange student, comme moi. université Oglethorpe
L’université Oglethorpe dans les années 50, elle n’avait pas changé d’un iota en 2010 de l’extérieur. Source : Boston Public library
  Une fois sur place, je découvre un décor qui semble figé dans le temps, de grandes étendues d’herbes, un jardin botanique bien entretenu, des bâtiments aux accents d’université anglaise type Cambridge. Une ambiance qui jure complètement avec le reste du paysage de l’agglomération, composé de gratte-ciels, lotissements, fast-foods, et églises en tous genres. Le sud des États-Unis reste une terre foncièrement religieuse. La Géorgie fait partie de ce qu’on appelle la Bible belt, une large zone au sud-est des USA où règne un fondamentalisme fervent. On y étudie la bible, mais on l’interprète de mille manières différentes, d’où la pléthore de petites églises que l’on croise le long de la route, chacune pratiquant un culte différent ou presque. Telle ne fut pas ma surprise, une fois arrivé dans ma chambre, que de constater sur la porte de mon colocataire, une large croix où l’on pouvait lire « jesus is my rock and my salvation » [Jésus est mon roc et mon salut]. Mes premières impressions en tant qu’Européen athéiste furent donc quelque peu déconcertantes, mais les premiers contacts avec les pratiquants ont révélé une certaine ouverture d’esprit sur la liberté de culte et sur les manières d’éviter toute fâcherie sur un thème toujours brûlant.

Prendre ses marques

La vie à l’internat s’est déroulée sans accrocs. Après avoir acheté draps, coussins, couvertures, nourriture, affaires de sport, fournitures scolaires, etc. (N’achetez pas de DVDs sur place si vous comptez les regarder sur votre PC, ils ne fonctionnent pas sur les machines européennes), j’ai fait connaissance avec mes trois colocataires, deux américains et un hollandais. Une bonne ambiance est nécessaire et les règles de vies basiques s’imposent afin d’éviter toute incartade future. Le barrage de la langue s’efface vite et passer son temps avec les francophones ne vous aidera ni à progresser ni à vous intégrer aux étudiants américains. Ces derniers sont toujours curieux de se renseigner sur les différences culturelles avec le vieux continent. Les cours auxquels j’ai décidé de m’inscrire étaient majoritairement des matières d’histoire et de littérature. Oglethorpe n’est pas une grande université comme peuvent l’être UCLA ou University of Phoenix et les cours sont dispensés dans des salles, et non des amphithéâtres. Le plus surprenant est la participation des élèves. Les professeurs détaillent les fondamentaux, explicitent certains sujets du cours, mais ils mettent surtout l’accent sur le raisonnement des étudiants à l’oral. Ici, pas question de rester dans un coin de la salle à attendre que ça se passe, les professeurs ne le tolèreront pas dans la plupart des cas. Par chance, j’aime écrire, car l’essentiel des travaux sont des dissertations (habituellement entre 5 et 10 pages) à rendre à un rythme quasi hebdomadaire ! Pour le reste, les films américains de type American Pie ne sont pas loin de la vérité : on se présente n’importe quand entre 7h et 23h à la cafétéria pour se faire un sandwich (gratuitement et en illimité, God bless America). Attention aux horaires ! Les américains dînent à 18h, quitte à revenir prendre un dernier « repas » vers 22h. Les soirées dans les frat houses (les maisons en bordure du campus gérées par les fraternités) sont des temples de l’excès et aucun encadrement n’est fourni par l’université. Les terrains de sports sont très bien entretenus, les gens très accueillants envers les étrangers et toujours ouverts à une conversation, même anodine. Contrairement à l’opinion publique, les Américains que j’ai rencontrés appréciaient les Français. frat house new jersey
Exemple de frat house au New Jersey avec les symboles de la fraternité en question source : wikimedia
  L’expérience est à vivre pour tout étudiant anglophone, car on garde des contacts qui peuvent s’avérer utiles par la suite. Le vrai piège reste de garder la ligne avec la diversité des fast-foods. Le reste, c’est que du pleasure et on revient avec les étoiles de leur drapeau dans les yeux.